« L’ivresse n’est ni festive ni conviviale » affirme le gouvernement à la jeunesse de France

Bonjour

Offrir un décapsuleur pousse-t-il à s’enivrer ? Un pichet, une souris Ricard® poussent-ils  à l’alcoolisme ? On en parle de plus en plus : un projet de décret 1 de la ministre de la Santé vise à interdire la diffusion, auprès des mineurs, d’objets publicitaires pouvant inciter à la consommation (excessive) de boissons alcooliques. Objectif affiché : endiguer les vagues du binge drinking. Le Figaro vient de résumer le sujet : « Le gouvernement veut combattre ‘’l’image festive et conviviale de l’ivresse’’».

C’est là un combat à très haut risque. Est-ce un combat qu’il faut mener ? L’image, l’objet, le colifichet, constituent-ils le risque ?

Le texte de ce projet de décret fixe les types et les caractéristiques des objets incitant directement à la consommation excessive d’alcool dont la vente et l’offre seraient interdites aux mineurs. Il s’agit des jeux, vêtements, accessoires de mode, éléments décoratifs, ustensiles ou accessoires pour équipements électroniques ou tout autre objet dont le graphisme, la présentation, le visuel, le nom, le logo, la dénomination ou le slogan incitent directement à la consommation excessive d’alcool.

Exposé des motifs :

« En France, la consommation excessive d’alcool par les mineurs ne cesse de croître. Ainsi en 2011, 28% des jeunes de 17 ans déclaraient avoir été ivres au moins 3 fois dans l’année, contre 26% en 2008. Par ailleurs 10,5% des jeunes de 17 ans sont des consommateurs réguliers d’alcool. La population des jeunes adultes (18-25 ans) ayant connu une ivresse dans l’année est de 46% et la part de ceux en ayant connu au moins 3 est de 29%. Ces chiffres sont en augmentation depuis 10 ans (rapport de l’INPES 2014).

« Les autorités françaises envisagent à travers ce projet de décret d’interdire l’offre ou la vente aux mineurs d’objets incitant directement à la consommation excessive d’alcool. Cette pratique commerciale visant à donner une image positive et festive de l’ivresse serait ainsi interdite lorsqu’elle vise les mineurs, particulièrement perméables à un message laudatif sur la consommation excessive d’alcool. Les méfaits d’une consommation excessive d’alcool d’un point de vue sanitaire et social sont nombreux et présentent des risques immédiats (comas éthyliques, comportements dangereux pour soi ou pour les autres) et à long terme (cancer, cirrhose, dépendance, etc.). 

« Cette mesure vise ainsi à mieux protéger les plus jeunes en limitant l’exposition à l’image positive, drôle ou ludique de l’ivresse auquel un objet peut directement contribuer. Le projet de décret participe ainsi à la prévention des consommations excessives d’alcool par les mineurs. Il s’inscrit pleinement dans les lignes directrices fixées par le Plan d’action de l’Union européenne sur la consommation d’alcool chez les jeunes et les alcoolisations ponctuelles intenses (2014-2016), l’Union européenne reste d’ailleurs la région qui consomme le plus d’alcool dans le monde (OMS 2012). » 

Le dinosaure d’Aquitaine

 Le Figaro a interrogé le Dr Xavier Pommereau, psychiatre et chef du pôle aquitain de l’adolescent au CHU de Bordeaux.  «Cette initiative va dans le bon sens mais est loin d’être suffisante», estime-t-il. Selon lui, interdire n’est pas efficace mais une véritable «répression» de l’ivresse peut l’être. «Il n’est pas normal qu’aujourd’hui deux adolescentes mineures ivres sur la voie publique ne risquent au pire qu’un rappel à la loi si elles croisent des policiers», explique le spécialiste avant d’ajouter que «la seule chose qui leur fout la trouille c’est de se faire prendre, donc il faut conduire ces jeunes au commissariat et contacter leurs parents».

Le Dr Pommereau insiste également sur la nécessité de contrôler Internet, dont le rôle dans l’incitation à la consommation excessive d’alcool serait selon lui «majeur». Contrôler l’alcool sur la Toile ? Ce serait là une action radicale  que celui qui se qualifie de «vieux dinosaure» assume entièrement. Le dinosaure antique est aussi un auteur qui pense:  Le goût du risque à l’adolescence (Albin Michel, 2016). Pour lui cette course à l’ivresse serait le reflet du mal-être d’une jeunesse acculée par «la pression constante des adultes qui projettent sur eux leur anxiété». Les adolescents chercheraient dans l’alcool un moyen de se déconnecter d’une société «pessimiste» qui leur promet tous les jours un avenir plus sombre.

Que faut-il interdire pour que l’avenir redevienne, sinon totalement rose, du moins suffisamment lumineux ?

A demain

1 Ce décret est pris en application de l’article 12 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé. S’il voit le jour toute personne y contrevenant risquera une peine d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

 

Une réflexion sur “« L’ivresse n’est ni festive ni conviviale » affirme le gouvernement à la jeunesse de France

  1. Si c’est le gouvernement qui le dit alors la jeunesse qui se biture va lui faire un geste du doigt et être confirmée dans la festivitude de la murgée.

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