Essai clinique mortel : BIOTRIAL attaque l’IGAS mais aussi, nommément, le CHU de Rennes

 

Bonjour

Rennes-gangrène ? La température et la tension grimpent. Deux heures avant la conférence de presse organisée par Marisol Touraine, nouvelle attaque de BIOTRIAL. Cette fois c’est sur le site du Point, sous la forme d’un entretien avec l’avocat de la société rennaise sous l’égide de laquelle a été mené l’essai clinique mortel : Me Jean Rienhart (droit pénal des affaires, contentieux contractuels). Extraits de son site :

« Jean s’est bâti une solide réputation grâce à son action dans des dossiers aussi majeurs que : le scandale des caisses noires de l’UIMM ; le dossier Kerviel, intervenant pour le compte de la Société Générale ; l’affaire d’escroquerie au sein de Renault ; les soupçons de délit d’initié présumé de dix-sept cadres dirigeants de EADS et plusieurs autres dossiers divulgués dans la presse concernant Quick, Areva… »

Nouvelles attaques

La ministre de la Santé doit rendre publiques lundi matin les conclusions de l’enquête menée par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) – conclusions déjà divulguées hier sur les sites de Libération et du Monde. Divulgations qui avaient suscité l’ire de BIOTRIAL et une accusation à peine voilée de conflit d’intérêts visant un membre de l’IGAS. Sur Le Point.fr l’avocat complète, méchamment diront certains, l’attaque :

« BIOTRIAL a été accusé avant même que l’IGAS ne termine son enquête et ne communique le pré-rapport à mon client. En janvier, la ministre de la Santé avait voulu répondre très vite à l’émotion suscitée par le décès d’un volontaire. Ses prises de position résultaient d’abord d’un contexte politique, nous étions dans l’attente d’un remaniement ministériel et Marisol Touraine ne souhaitait pas être oubliée.

« Elle s’est appuyée sur ce pré-rapport réalisé dans des conditions douteuses. Ensuite, je considère que l’enquête de l’IGAS s’est déroulée en dehors de toutes les règles éthiques nécessaires à ce type d’investigation. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une enquête judiciaire, il existe néanmoins une procédure stricte à respecter. Les personnes entendues ne l’ont pas été sur procès-verbal, le contradictoire n’a pas été respecté et les méthodes de travail de l’IGAS sont totalement sujettes à caution. Il faut que les lecteurs sachent qu’un « enquêteur » peut téléphoner à un « témoin » hors de tout cadre formel, par exemple le week-end chez lui ! Les enquêteurs ne se gênent pas pour faire des pressions sur les salariés qu’ils interrogent pour essayer de les faire changer d’avis.

« Liens professionnels étroits »

« L’Igas devrait se réformer d’urgence et adopter les standards européens du respect des droits de l’homme. En tout état de cause, le rapport est affecté de nombreuses nullités qui lui enlèvent toute crédibilité. Madame Touraine fait une grave erreur en s’appuyant sur ce rapport qui sera annulé. Au lieu d’attaquer cette PME rennaise, elle devrait réformer l’Igas. Mais en aura-t-elle le courage ? »

L’avocat parisien juge « curieux » que le CHU de Rennes soit « épargné ». « Alors qu’il aurait pu prévenir Biotrial de l’évolution du patient hospitalisé dans son service, dit-il. Nous savons que le chef de la mission d’enquête a entretenu des liens professionnels étroits avec des membres de la direction du CHU de Rennes. Ils ont un temps travaillé ensemble. Ces liens auraient dû être déclarés, ils ne l’ont pas été. Ici encore, cette absence d’impartialité enlève tout le sérieux à l’enquête et à ses conclusions. En outre, l’Igas n’a pas fait d’enquête sur le laboratoire portugais BIAL qui a fourni la molécule testée alors qu’on sait aujourd’hui que cette molécule qui s’est muée en un enzyme glouton a été un des facteurs qui a entraîné le volontaire vers la mort. »

« Enzyme glouton » ? Cette reprise d’un vieux slogan publicitaire 1 ruine quelque peu, de l’avocat, l’argumentaire.

A demain

1 Les enzymes gloutons sont un concept publicitaire diffusé en France en 1969 pour la marque de lessive ALA (Unilever). La lessive était censée contenir des enzymes (représentées comme de petites têtes avec une grande bouche pleine de dents) qui « dévoraient » la saleté. Ce fut un échec commercial, les consommateurs craignant qu’elles ne dévorent le linge avec.

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