Que diriez-vous de 50 000 euros pour aller visser votre plaque dans les déserts médicaux ?

 

Bonjour

Ensemencer médicalement les déserts est une rude affaire. Qui connaît « Option démographique » ? C’est une carotte offerte aux médecins libéraux qui « s’engagent à réaliser leur activité aux 2/3 dans une zone sous dotée » (sic). Avantages : une aide à l’activité égale à 10 % du montant de l’activité (plafonnée à 20 000 €) pour les médecins exerçant au sein d’un groupe, assortie d’une aide à l’investissement de 5 000 € par an pendant 3 ans ; une aide à l’activité égale à 5 % du montant de l’activité (plafonnée à 10 000 €) pour les médecins exerçant dans le cadre d’un pôle de santé, assortie d’une aide à l’investissement de 2 500 € par an pendant 3 ans.

Or cette aide  « n’est pas suffisamment attractive ». C’est le constat dressé par l’Assurance-maladie dans un document, qu’elle doit présenter mercredi 25 mai aux syndicats de praticiens – un document que l’Agence France-Presse « a pu consulter ». Pour attirer vers les déserts, notre Sécurité sociale souhaite « recentrer l’aide « versée à ceux qui s’installent dans les « zones sous-dotées ». Cette fois la somme forfaitaire sera de 50 000 euros. Il est bien loin le temps où Marisol Touraine lançait des plans sur la comète et contre la désertification médicale – comme en décembre 2012 après sa visite de la maison de santé de Scorbé-Clairvaux, à côté de Lencloître.

Versement en deux temps

Chiffres officiels : entre 2013 et 2014, sur 485 nouveaux médecins concernés, 190 ont adhéré à l’« option démographique », soit 39 %. Pour l’Assurance-maladie, plusieurs explications : une méconnaissance du dispositif, un versement « trop tardif » (sic) par rapport à la date d’ouverture du cabinet et un montant aux deux tiers proportionnel à l’activité – et ce alors que cette activité est, par définition, réduite durant les premiers mois.

Conséquence : l’aide bénéficie prioritairement aux praticiens déjà installés – deux tiers du montant total de l’enveloppe –, qui ont par ailleurs une activité plus importante que la moyenne de leurs confrères.

Dans le document présenté aujourd’hui mercredi 25 mai, l’Assurance-maladie propose de recentrer son aide vers les médecins qui s’engagent à une activité dans la zone pendant trois ans – ainsi qu’à ceux qui s’installent dans un « mode d’exercice regroupé ». Fixé à 50 000 euros, ce forfait serait versé en deux fois : la première moitié lors de l’installation et la seconde l’année suivante. Des majorations pourraient également être accordées en cas de réalisation de vacations au sein des hôpitaux de proximité.

 Argent et succession

Afin de soutenir les médecins préparant leur succession, la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnamts) avance également la mise en place « d’un contrat de transition » pendant trois ans, réservé aux soignants âgés de plus de 60 ans (sic) et accueillant un « associé nouvel installé » de moins de 50 ans. Une majoration de 10 % des honoraires annuels, plafonnée à 20 000 euros par an, serait alors versée au médecin en fin d’activité, qui continuerait de percevoir l’« option démographique » jusqu’au terme de son contrat.

Il existe encore d’autres carottes dans le panier: la Cnamts ouvrira la possibilité pour les Agences régionales de santé (ARS) d’accorder « une aide bonifiée » aux médecins exerçant dans certaines zones  « particulièrement fragiles ». Dans ce cas, l’aide à l’installation serait majorée dans la limite de 20 %, et l’aide à l’activité prévue dans le cadre du « contrat de transition » portée à 20 % des honoraires annuels. Ce dispositif ne pourrait bénéficier au « maximum » qu’à 20 % des médecins éligibles dans la région.

Rude affaire, vraiment, que d’ensemencer médicalement les déserts médicaux quand on ne dispose que de quelques carottes et d’aucun bâton.

A demain

Une réflexion sur “Que diriez-vous de 50 000 euros pour aller visser votre plaque dans les déserts médicaux ?

  1. Bâton ? Pour battre ?
    Un système à la nordique avec un service national en Laponie pourrait s’envisager.
    Mais pourquoi ne l’imposer qu’aux médecins ? Ce ne sont pas les seuls à être formé pas trop cher à l’université . Parce qu’ils « sont payés par l’Etat « ?
    Foutaises.
    Ils sont payés par les patients à qui divers se substituent, plus ou moins. L’argent vient des cotisations, solidaires, des patients et bien portants.

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