A saisir : cabinet de généraliste en zone sensible. Chiffre d’affaire annuel: environ 800 000 euros

 

Bonjour

Ceintures serrées, nous traversons des temps parfois bien difficiles. On ne résiste pas au plaisir de rapporter cette croustillante affaire entendue ici et là dans les médias – dont Le Quotidien du Médecin (Guillaume Mollaret). L’histoire d’un généraliste œuvrant à perdre haleine. – au point d’affoler les compteurs chiffrés de la Sécurité sociale, notre solidarité nationale.

Nous sommes dans ce qu’il est convenu d’appeler une zone urbaine sensible : le quartier de La Paillade, sous-quartier de La Mosson, à Montpellier. Cabinet de généraliste entre les anciennes garrigues et les vieilles terres agricoles. Chiffre d’affaires annuel oscillant entre 750 000 et 800 000 euros. Il pourrait être bientôt à saisir.

Garde à vue

Voici ce qu’écrivait Le Midi Libre le 10 mai (Jean-François Codomié)

« Un médecin généraliste installé à La Paillade se trouve en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale, au commissariat central, depuis ce lundi matin 9 mai . Tout comme son épouse, sa secrétaire, son associé ainsi qu’un tiers que le praticien est soupçonné d’avoir employé, sans aucun diplôme, dans un salon d’esthétique situé en ville.

« C’est un renseignement anonyme, arrivé aux esgourdes policières, qui aurait permis de mettre au jour une fraude de vaste ampleur. Laquelle aurait eu cours ces deux dernières années. Dans les faits, le praticien est suspecté d’avoir fait rédiger par sa secrétaire de fausses ordonnances et faux arrêts de travail. Le degré d’implication de la femme du médecin et de son associé n’étant, pour l’heure, pas connu.

« Selon nos informations, que l’hôtel de police a refusé de confirmer ou d’infirmer, le préjudice de la fraude, estimé à cette heure, se chiffrerait à quelque 550 000 €. Les limiers de la brigade financière auraient établi que le praticien se serait fait rembourser 800 000 € par la Caisse primaire d’assurance-maladie de l’Hérault (CPAM 34) en 2015. Quand un bon médecin s’en voit rembourser 150 000 € l’an.

« Des sommes astronomiques donc qui, par comparaison, auraient obligé le généraliste à travailler l’équivalent de… quarante-six heures par jour, via 133 consultations et/ou visites. Représentant vingt mille consultations l’an, contre 2 340 en moyenne, au niveau de la région. Les gardes à vue des différents protagonistes ont été prolongées ce mardi. Et ils devraient être déférés ce mercredi au parquet. Lequel pourrait ouvrir une information judiciaire. »

 Confrère et ami

« Ce montant sera sans doute réajusté car dans l’agenda du médecin, nous avons constaté des bizarreries. Un jour, il a effectué 90 consultations et 23 déplacements, ce n’est pas commun » a expliqué un enquêteur au Quotidien du Médecin. Dans cette affaire, un deuxième médecin (remplaçant du premier mais travaillant en réalité à temps plein au cabinet) est lui aussi l’objet d’une mise en examen pour escroquerie. Selon les enquêteurs, sa présence n’était pas déclarée – aussi ne signait-il pas de son nom les ordonnances de son confrère et néanmoins ami.

Affaire croustillante : le généraliste escroc présumé avait déjà été suspendu six mois par l’Ordre des médecins (du Var) pour des surfacturations. Il soupçonné là encore de surfacturations et d’actes fictifs (faux arrêts maladie, renouvellements de complaisance).  « Sa secrétaire conservait les cartes Vitale et les passait à la place du médecin. On soupçonne que des arrêts maladie et des prescriptions étaient reconduits sans consultation, explique le procureur adjoint de Montpellier Yves Micolet. Après un coup de fil à la secrétaire, celle-ci distribuait les ordonnances. Nous avons fait des saisies en ce sens… Le membre du conseil de l’Ordre des médecins qui était présent lors de nos perquisitions était horrifié ».

C’est dire l’affaire : il est assez rare, exceptionnel, d’observer un représentant ordinal en proie à l’horreur.

« Rendez-nous notre médecin ! »

Le cabinet médical prolifique était très populaire dans le quartier. « Rien que durant la matinée de perquisition, nous avons dû renvoyer une cinquantaine de patients », précise le procureur. Samedi une centaine d’entre eux ont manifesté dans les rues de Montpellier, allant jusqu’à bloquer une ligne de tram au cri de « Rendez-nous notre médecin ! ». Voilà bien un sujet qui mériterait d’être creusé.   

Le conseil de l’Ordre des médecins de l’Hérault reste prudent. On le comprend. Il ne s’est pas prononcé quant à une plainte éventuelle. Toutefois, joint par Le Quotidien, son président, le Dr Xavier de Boisgelin, parle de  faits scandaleux . Ce qui pourrait laisser  présumer qu’il ne s’opposera pas à une poursuite en justice au nom de l’institution ordinale. Blâme ? Suspension ?  Radiation ? Pourquoi les radars chiffrés de la Sécurité sociale sont-ils, à Montpellier, restés si longtemps muets ?

A demain

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