François Hollande prévient in extremis le suicide politique de la recherche française

 

Bonjour

Suffirait-il de crier pour être entendu en très haut lieu ? Parfois oui. Disposer d’un prix Nobel et être plusieurs peut aider. Le 23 mai sept Nobel et une médaille Fields lançaient un cri dans Le Monde : « Coupes budgétaires dans la recherche : huit grands chercheurs dénoncent ‘’un suicide scientifique et industriel’’ ». Nous sommes le 30 mai et nous apprenons que François Hollande a finalement renoncé aux annulations de crédit de 134 millions d’euros sur le budget de la recherche.

La décision présidentielle a été ont annoncée par le physicien Serge Haroche et le mathématicien Cédric Villani, qui venaient d’être reçus à l’Elysée avec quatre autres signataires.

Massue gouvernementale

Pourquoi ces cris ? Ils faisaient suite à la polémique soulevée par un projet de décret, présenté en commission des finances de l’Assemblée nationale, le 18 mai. Un texte qui prévoyait l’annulation de crédits sur la mission « recherche et enseignement supérieur ». Les prestigieux signataires de la tribune du Monde  dénonçaient « un coup de massue », allant jusqu’à parler de mesures qui « s’apparentent à un suicide scientifique et industriel ».

Une semaine plus tard la menace suicidaire est passée. M. Hollande « nous a fait part du fait que le gouvernement attachait une grande importance à la recherche (…) et qu’il ne fallait pas donner un signal décourageant », a déclaré M. Haroche. « Nous sommes soulagés et (…) satisfaits de voir que nos préoccupations, notre vision de la recherche, semblent partagées par le président et la ministre de l’éducation nationale qui assistait à l’entretien », a-t-il ajouté. A la sortie de l’Elysée, le mathématicien Cédric Villani se déclarait « soulagé et heureux ; c’est le meilleur résultat qu’on pouvait espérer ».

Sauvetage en 45 minutes

Mieux encore, d’autres points ont été évoqués lors de cette rencontre de trois quarts d’heure, comme la place des docteurs dans les entreprises, les relations universités et grandes écoles. « Le président a compris nos soucis et paraît soucieux de donner un message positif à la jeunesse scientifique », indique Albert Fert, autre signataire et Prix Nobel 2007 de physique.

Mais encore ? Les 134 millions concernaient les crédits de quatre organismes de recherche (CEA, CNRS, INRA, Inria) sur 256 millions de coupes pour la mission enseignement supérieur et recherche. Cette somme équivaut au  quart du total des crédits que le décret prévoyait de ponctionner, à hauteur de 1,1 milliard d’euros.

Détenir une médaille Nobel (ou Fields) aide-t-il à conserver la mémoire des mots et des chiffres ? Les signataires se souvenaient qu’en avril 2014, François Hollande avait promis en effet que le budget de la recherche serait « sanctuarisé ». Mieux : quelques semaines avant la polémique (c’était le 14 mars) il avait réaffirmé l’importance, pour le développement du pays, de la recherche et de l’innovation. Lors de l’inauguration d’un nouveau laboratoire à Paris, le président avait rappelé qu’il voulait par sa présence « reconnaître et démontrer qu’elle [la recherche française] est la priorité de l’action que nous conduisons ».

Minutes oxygénées

Las ! son gouvernement ne l’avait guère aidé. A commencer par Thierry Mandon, 58 ans, socialiste et secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.  Au plus fort de la polémique, et dans le Journal du Dimanche M. Mandon déclarait :

« Depuis de nombreuses années, et bien avant ce quinquennat, toute notre « machine à décider »! C’est l’ensemble de notre système de gouvernance qui est obsolète. À tous les niveaux, les mécanismes de prise de décision sont grippés en France. Nous devons mener une réflexion globale pour remettre cette machine en état de marche. Oui, il faut avoir le courage de revoir profondément la façon dont on dirige le pays… »

Pour l’heure M. Mandon n’a pas commenté la façon dont François Hollande a redonné quelques minutes d’oxygène aux scientifiques des grands organismes français. M. Mandon ne saurait tarder.

A demain

Une réflexion sur “François Hollande prévient in extremis le suicide politique de la recherche française

  1. Bonjour
    A propos du « super bug » (souche de E. coli)…Sa détection aux USA est une preuve supplémentaire de la gravité de la situation…Il faudrait se retrousser les manches une fois pour toutes. Il ne suffit pas de faire peur.
    L’heure de l’action concertée sonne une nouvelle fois….On va voir si elle est entendue!
    Bien à vous
    JPHM agro Paris 1952 http://www.virusprion.fr jeanpierrehmoreau@gmail.com

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