Cigarette électronique et grossesse : Prescrire la déconseille avant, du bout des lèvres….

 

Bonjour

1er juin 2016. La question du jour est de savoir quand la consultation médicale passera à 25 euros. En attendant les patients des médecins abonnés à Prescrire pourront bientôt, dans la salle d’attente, partager une « fiche d’information » détachée du numéro de juin. Peut-être en sera-t-il de même dans quelques pharmacies d’officine : « Info-patients : La grossesse : une occasion pour arrêter de fumer » (sur abonnement).

On y rappelle que le  tabac est dangereux pour la mère et son enfant et in fine, Prescrire se lance dans le vide avec la cigarette électronique :

« Fumer pendant la grossesse augmente le risque d’avortement spontané, de mort de l’enfant à naître, de naissance prématurée et de faible poids de l’enfant. Chez la femme, en plus du risque de maladies cardiovasculaire, respiratoire et de cancer, fumer pendant la grossesse augmente le risque d’ulcère et de reflux digestif. Après la naissance, les nourrissons exposés au tabac dans le ventre de leur mère risquent plus souvent que les autres une mort subite et des troubles respiratoires. »

Enceinte et esclave

«  Arrêter de fumer en cours de grossesse est bénéfique pour l’enfant et pour la femme. Quand le tabac est arrêté pendant le premier trimestre de la grossesse, les risques d’accouchement prématuré et de faible poids de l’enfant deviennent voisins de ceux des femmes non fumeuses. »

Que faire, dès lors, quand on est enceinte et que l’on est toujours esclave du tabac ? « Soutien psychologique et éventuellement nicotine, répond Prescrire. Pour arrêter de fumer, le plus important est la motivation. Un soutien psychologique et une aide pour modifier ses comportements augmentent le taux de réussite. »

Certes mais encore ? Eviter comme la peste le Champix® (varénicline, Pfizer, prix libre, non remboursable) et le Zyban® (bupropione, GlaxoSmithKline, prix libre, non remboursable). Ces deux médicaments ont une très faible efficacité (pour ne pas dire nulle) et ils exposent à des effets indésirables graves (psychiques et cardiovasculaires) chez la femme et chez l’enfant à naître. On se demande pourquoi ils sont encore en vente.

E-cig à éviter

Prescrire conseille la nicotine. Le risque d’effets indésirable « est moins important que celui lié à la poursuite du tabac ». Conclusion : « il vaut mieux utiliser un médicament à base de nicotine que continuer à fumer ».

Puis nous passons au rayon des « moyens à éviter ». Soit la cigarette électronique. On atteint ici les limites de ce précieux mensuel rationaliste. Il explique que la composition de la fumée des e-cigarette est difficile à connaître et que certaines substances pourraient être dangereuses pour l’enfant à naître.

« La grossesse n’est pas un bon moment pour expérimenter les cigarettes électroniques, souligne la revue. Mais si l’arrêt de la cigarette électronique risque de conduire à se remettre à fumer, mieux vaut continuer à l’utiliser, car les effets du tabac sont plus certains que ceux des cigarettes électroniques ». Où l’on retrouve, concentrée, un peu de la rhétorique jésuite qui, pour partie, fait le charme de cet austère mensuel.

Pitié et Bercy

On voit bien là que Prescrire souffre de l’absence de la bibliographie sur laquelle, habituellement, il fonde ses oukases. On peut ici se reporter à la lecture du Monde de ce 1er juin et au papier de Pascale Santi : « E-cigarette : les recherches en question ». Ne pas s’y fier. On y percevra, entre les lignes, ce scandale (jamais dénoncé) qu’est la totale absence de travail, sur ce thème, des organismes sanitaires publics –l’Inserm au tout premier chef.

Aux dernières nouvelles une étude « sans équivalent dans le monde » se mettrait en place en France. Résultats attendus avant 2020. D’un coût de près d’un million d’euros (accordé par le ministère de la santé) elle serait pilotée depuis l’hôpital de La Pitié à Paris. C’est un établissement célèbre situé, comme chacun sait, à deux pas de Bercy.

A demain

3 réflexions sur “Cigarette électronique et grossesse : Prescrire la déconseille avant, du bout des lèvres….

  1. « On atteint ici les limites de ce précieux mensuel rationaliste. Il explique que la composition de la fumée des e-cigarette est difficile à connaître et que certaines substances pourraient être dangereuses pour l’enfant à naître. »

    Il y en a d’autres , des limites , dont une énorme:

    Prescrire mentionne en général les effets secondaires graves des médicaments dans le style « on a décrit des aplasies médullaires, les morts subites , des AVC … »
    JAMAIS ils ne donnent une appréciation QUANTITATIVE.
    Car on peut tout aussi bien avec des médicaments approuvés par Prescrire le paracétamol , observer (j’écris des choses plausibles) « allegies graves , choc anaphylactique, insuffisance rénale »

    Sans cette notion quantitative cette information relève du hululement alarmiste.
    C’est une non information. Probabilité 1/100 .? 1/ 1 OOO OOO ?

    Sans compter qu’on peut aussi discuter de l’imputabilité causale lorsque l’incidence est très rare. On aborde les limites intrinsèques de la pharmacovigilance pour les effets rarissimes.

    C’est une vision PATERNALISTE de la médecine: le médecin va décider de ne pas vous donner ce médicament qui a tel probabilité de vous faire du bien, parce que il peut vous faire du mal.

    Le malade, le médecin, ont le droit / devoir de savoir les chiffres. Ensuite le malade , dans le cadre de la décision partagée (shared decision making cher aux anglophones) peut faire un choix éclairé. Sans les chiffres ne reste que l’oukaze.

    De même Prescrire ignore trop souvent de communiquer en termes intelligents et intelligibles comme la variation de risque absolu ou le NNT et NNH.
    Number needed to treat
    Number needed to harm
    Nombr de patients à traiter pour avoir un succès ou un effets secondaires (à définir , bien sûr) .

    Quand Prescrire hulule, et ce peut être à très juste titre il/elle/ils ne donnent pas le NNH.
    Ils perdent ainsi l’occasion de convaincre les prescripteurs qui trops souvent ne croient que leur expérience ou le blabla de :
    – la presse captive / corrompue / aveugle
    – représenatnt médical
    – articles mal rédigés et trompeurs dans les meilleurs journaux.

    Je continue à lire mais il faut interprêter. Ils lèvent une foule de lièvres sur des médicaments d’efficacité minime.

    Mais ils sont sur certains sujets drastiques à l’excès et d’autres , laxistes, un comble .

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