«Aucun Français à plus de 30 minutes des urgences !» François Hollande, quatre ans après

Bonjour

Le temps fuit, la mémoire reste, les urgences demeurent. François Hollande, président de la République, était présent le vendredi 3 juin au 10e Congrès de la médecine d’urgence organisé à Paris. On trouvera ici la vidéo (25’48’’) de son discours.  Le Quotidien du Médecin (Marie Foult) a observé qu’au terme de son intervention, le président de la République s’était entretenu à huis clos avec plusieurs spécialistes « dont le Dr François Braun, président de SAMU-Urgences de France, le Pr Pierre Carli, président du Conseil national de l’urgence hospitalière et le Dr Patrick Pelloux, président de l’AMUF ». Rien n’a (encore) filtré.

Évoquant les inondations de ces derniers jours, le président de la République a déclaré que le service public est « une force, qui fait la solidarité de notre pays », et ne doit pas être remis en cause (une allusion aux déclarations de certains candidats de droite, désireux de réduire les effectifs de fonctionnaires précise Le Quotidien). Le service public a dit le président, c’est une force dans un pays ; en France, le service public a-t-il résumé, c’est la France.

Coïncidence dans le drame

Le président a repris la liste des déplacements qu’il a effectués à l’occasion des différentes catastrophes survenues en France sous son quinquennat et lors desquels il a croisé des médecins urgentistes – citant nommément le Pr Pierre Carli et le Dr Patrick Pelloux, ancien chroniqueur à Charlie Hebdo. Il a aussi évoqué l’entraînement des urgentistes organisé le jour même des attaques terroristes du 13 novembre (« une coïncidence dans le drame » a-t-il fait observer).

Pour le reste ? De la mémoire et quelques formules.  « Les urgences, c’est aussi ouvrir la porte à tous les malades sans distinction, et c’est pourquoi mon engagement de campagne, de garantir un accès aux urgences à tous les Français en moins de 30 minutes, sera tenu », a-t-il affirmé. On se souvient peut-être de l’affaire 1 qui, déjà, renvoyait aux déserts médicaux. C’était en octobre 2012.

Le drame de Figeac

Une femme âgée d’environ trente-cinq ans avait, le vendredi 19 octobre, perdu son nouveau-né en le mettant au monde dans son véhicule automobile conduit par son compagnon. Le couple circulait sur l’autoroute A20 vers une maternité de Brive (Corrèze). La femme venait de consulter, à Figeac (Lot), son gynécologue-obstétricien qui lui avait conseillé une admission dans une maternité pouvant prendre en charge une grossesse délicate et un accouchement potentiellement à risque.  Enceinte de sept moins, elle résidait non loin de Figeac où la maternité a été fermée en 2009. Appelés et arrivés en urgence les pompiers n’ont pu que constater la mort du nouveau né.

Ces faits avaient vite trouvé un large écho et pris une dimension nationale. Les réactions politiques et professionnelles se multiplièrent de même que les accusations visant les responsables d’une politique sanitaire qui a conduit – paradoxalement pour des raisons sanitaires— à fermer de nombreuses petites maternités.

Trente minutes

Clôturant le 20 octobre à Nice le congrès de la Mutualité française, François Hollande s’étaient emparé de ce fait divers, demandant à Marisol Touraine, ministre de la Santé, de diligenter une enquête. Il avait aussi alors rappelé l’un de ses engagements de campagne: «aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d’urgence». Interrogé sur Europe1, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France avait saisi l’opportunité de ce «nouveau drame» pour fustiger violemment la politique sanitaire française.

Quatre ans plus tard, pour le chef de l’État, l’organisation des urgences passe, désormais, par les Groupements Hospitaliers de Territoire. Sans oublier de lutter contre ces déserts médicaux qui, depuis quatre ans, n’ont cessé de progresser. Une dernière formule à l’attention des urgentistes : « Vous êtes les témoins de drames connus et de ceux dont on ne parle pas, de la France silencieuse. Vous êtes la première lumière de solidarité et après tout ce qui s’est passé et ce que nous pouvons encore vivre […] : merci », a conclu le chef de l’État. Applaudissements de l’auditoire.

A demain

 1 Voir notre chronique « La mort d’un nouveau-né et la question sensible des déserts médicaux ». Slate.fr, 20 octobre 2012.

 

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