La GPA déchire le Portugal politique. Un espoir espagnol pour les personnes trisomiques

Bonjour

Ne pas oublier de regarder au-delà des Pyrénées. L’actuel président portugais se situe au « centre droit ». Marcelo Rebelo de Sousa, 67 ans, vient de mettre son veto à une loi autorisant la pratique de la gestation pour autrui (GPA). Celle loi avait été votée le 13 mai par le Parlement portugais pour pallier certains cas d’infertilité. Pour le président ce texte « n’est pas conforme aux conditions formulées par le Conseil national d’éthique et des sciences de la vie ». Imagine-t-on François Hollande se fonder sur un avis du Comité national d’éthique pour s’opposer à une loi votée par le Parlement français ?

La  loi refusée limitait la GPA à certains cas d’infertilité féminine et prévoyait l’absence de contrepartie financière pour la mère porteuse.  Le texte n’avait été voté qu’à une courte majorité et grâce à des voix d’élus partis de gauche comme de droite. Dom Manuel Clemente, le plus haut de l’Eglise catholique portugaise, avait condamné cette décision dès le 14 mai.

PMA et homosexualité

La Constitution portugaise prévoit que le Parlement peut passer outre le veto présidentiel à condition de faire confirmer la loi par la majorité absolue de l’ensemble des députés. Les choses ne sont jamais simples chez les voisins immédiats de l’Espagne : le président portugais a promulgué une loi élargissant aux « couples homosexuels féminins » et aux « femmes seules » la possibilité d’un recours à la procréation médicalement assistée (ainsi que le retour aux 35 heures hebdomadaires pour les salariés du secteur public). On sait, sur ces deux points, ce qu’il en est en France.

Vérité au-delà des Pyrénées. Dirigé par le Pr  Mara Dierssen et le Dr Rafael de la Torre (Barcelone) un groupe de chercheurs espagnols vient de rendre publics les résultats d’une des premières études cliniques à visée thérapeutique pour les personnes porteuses de trisomie 21. Ce travail vient d’être publié dans The Lancet Neurology : « Safety and efficacy of cognitive training plus epigallocatechin-3-gallate in young adults with Down’s syndrome (TESDAD): a double-blind, randomised, placebo-controlled, phase 2 trial ».

Efficacité relative

« Bien qu’il ne s’agisse pas d’un traitement curatif, c’est la première fois qu’un traitement montre quelque efficacité dans ce syndrome » souligne une équipe de chercheurs de Barcelone qui a réalisé l’essai sur 84 personnes trisomiques âgées de 16 à 34 ans. Cette équipe explique avoir eu recours à une substance anti-oxydante (l’épigallocatéchine gallate EGCG) présente notamment dans le thé vert – substance qui semble pouvoir inhiber la surexpression d’un des gènes présents dans le chromosome 21 – le gène Dyrk1A.

Le rôle de ce gène a été mis en évidence chez les souris modèle trisomie 21 par les Prs Jean Delabar et Mara Dierssen. L’étude fait l’hypothèse que la diminution de l’expression du Dyrk1A pourrait permettre une amélioration des capacités cognitives.

Le  Dr Rafael de la Torre a expliqué que  les patients traités pendant douze mois avec l’épigallocatéchine gallate combiné à une stimulation cognitive ont vu certaines de leurs capacités intellectuelles (notamment la mémoire de reconnaissance visuelle) améliorées par rapport à ceux qui n’avaient reçu qu’un placebo. Les effets observés persistaient encore six mois après le traitement. Les chercheurs espèrent désormais confirmer leurs résultats en testant les effets de cette substance sur des enfants dont la plasticité cérébrale est plus grande.  Plusieurs spécialistes ont pour leur part salué l’intérêt de l’étude tout en restant prudents.

Non à l’automédication

En France le Dr Marie-Claude Potier (Institut du Cerveau et de la Moelle épinière, Paris) à Paris a quant à elle tenu à mettre en garde contre « toute automédication avec du thé vert car les différentes variétés contiennent des quantités différentes de la substance clé ».  Elle insiste également sur la nécessité de faire des études de toxicité avant de poursuivre les recherches sur ces produits.

Toujours en France, la Fondation Jérôme Lejeune (qui a cofinancé l’essai clinique espagnol) a annoncé le lancement à l’automne d’une nouvelle étude pilote sur des enfants trisomiques âgés de 7 à 12 ans. « Si des résultats significatifs sur certains tests neuropsychologiques sont constatés, ils ne permettent pas de tirer des conclusions définitives sur l’activité de la molécule EGCG dans l’amélioration des capacités cognitives ni de s’assurer de sa totale innocuité » souligne cette Fondation. Elle recommande de ne pas prendre de produits à base d’extraits de thé vert (en vente dans le commerce et sur internet).

DPI en Suisse

Dimanche 5 mai la Suisse a voté en faveur de modifications de sa loi sur la PMA. Ces modifications portent sur  la possibilité de créer jusqu’à douze embryons pour une fécondation in vitro, la congélation des embryons surnuméraires et le feu vert donné à la pratique du diagnostic préimplantatoire.  Ce DPI est autorisé non seulement pour les maladies génétiques d’une particulière, mais aussi pour détecter des anomalies chromosomiques au premier rang desquelles la trisomie 21.

En Suisse le remboursement du DPI par l’assurance maladie, n’est pas prévu mais certains le revendiquent déjà. Reste posée, en France, la question jamais véritablement soulevée, de l’absence de recherches avec financement public sur la maladie trisomique.

A demain

 

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