Sclérose en plaques et traitement médiatique : à partir de quand parler d’espoir thérapeutique ?

Bonjour

L’affaire est rapportée avec des pincettes différentes sur la BBC : ‘’New treatment can ‘halt’ multiple sclerosis, says study” et par Le Quotidien du Médecin : « La greffe de moelle dans la SEP efficace à long terme mais risquée ». Les deux titres reprennent ici une publication canadienne du Lancet laissant entendre qu’une chimiothérapie agressive suivie d’une greffe de cellules souches peut arrêter la progression de la sclérose en plaques : Immunoablation and autologous haemopoietic stem-cell transplantation for aggressive multiple sclerosis: a multicentre single-group phase 2 trial”.

Soit une étude de phase 2 visant à évaluer  l’efficacité de la greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues (CSH) dans les formes agressives de SEP. Une efficacité de cette approche avait déjà été établie via deux publications du JAMA début 2015.  Cette fois le suivi médian a été de  6,7 ans et la greffe de CSH a permis de contrôler les rechutes et le développement de nouvelles lésions pendant une période prolongée sans recours médicamenteux chez 23 des 24 participants ayant une forme grave. Huit des 23 patients ont bénéficié d’une amélioration prolongée de leur incapacité à 7,5 ans. Un patient est mort de complications (nécrose hépatique) liées à la greffe.

Agressivités

Avant le traitement, les patients avaient 1,2 rechute annuelle en moyenne. Après, aucune rechute n’a été observée au cours du suivi (entre 4 et 13 ans) chez les 23 patients survivants.  « La méthode employée par l’équipe du Dr Harold Atkins (The Ottawa Hospital Blood and Marrow Transplant Program) diffère quelque peu de celle utilisée précédemment, note Le Quotidien.  Les médecins canadiens ont testé un conditionnement « pré-greffe » plus agressif avec une chimiothérapie comprenant du busulfan, du ciclophosphamide et de thymoglobuline. »

Pour le Pr Mark S. Freedman, qui a coordonné cette étude : « il s’agit d’un traitement agressif, les bénéfices potentiels doivent donc être mis en balance avec les risques de complications graves liées à la greffe de CSH. » Les résultats obtenus dans cette petite étude appellent confirmation dans des essais cliniques plus larges. Dans un éditorial, le Dr Jan Dörr de Berlin espère que l’identification de marqueurs pronostiques permettra « d’identifier les patients à risque de mauvais pronostic pour lesquels un traitement potentiellement plus dangereux peut être justifié ».

L’espoir semble luire. A partir de quand peut-on le dire ?

A demain

 

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