Fusillade dans une discothèque gay d’Orlando; controverse sur le don de sang des homosexuels

Bonjour

C’est, en marge de ce qui est déjà appelé « la pire fusillade de l’histoire  des Etats-Unis »,  une équation sanitaire d’un genre bien particulier. Ses termes en sont posés, sur Slate.fr, par Jean-Marie Pottier : « Tuerie d’Orlando: de nombreux homosexuels ne peuvent pas donner leur sang pour aider les victimes ». Résumons.

Le président Barack Obama vient de condamner, dimanche 12 juin, comme « un acte de terreur et de haine » une  fusillade qui a fait 50 morts dans un club gay de Floride. « Aucun acte de terreur et de haine ne peut changer qui nous sommes », a-t-il souligné alors que la « rhétorique anti-gay et anti-islamique » s’est enflammée dans le pays à la faveur notamment de la campagne présidentielle.

Le candidat du parti républicain, Donald Trump (qui a attisé les ressentiments pendant toutes les primaires) s’est félicité d’avoir eu raison sur le « terrorisme islamique radical ». Il a exigé la démission du président américain s’il refusait d’employer cette expression.  Le président Obama a également ordonné que les drapeaux sur tous les bâtiments fédéraux soient mis en berne en hommage aux victimes. Le tireur a été identifié par les médias comme Omar Seddique Mateen, un citoyen américain d’origine afghane, âgé de 29 ans. Le tireur a agi seul et a été tué lors d’un échange de coups de feu avec la police.

Dons interdits

Outre les 50 morts, le massacre a aussi fait 53 blessés, selon le dernier décompte des autorités, qui ont lancé un appel aux dons du sang. Ces appels aux dons ont été lancés spécialement pour des groupes rares comme O positif, O négatif ou le plasma de groupe AB. Le journaliste de Slate.com Mark Joseph Stern écrit que «la grande majorité des hommes gay et bisexuels se voient pourtant toujours légalement interdire de donner leur sang»:

«Selon les règles récemment révisées de la FDA seuls les hommes homosexuels abstinents depuis une année complète ont l’autorisation de donner. Une règle qui concerne les homosexuels engagés dans une relation monogame de long terme. Les hétérosexuels qui ont eu des rapports non protégés avec des partenaires multiples ont le droit de donner à leur convenance. […] Alors que leurs amis périssent de blessures par balles, les homosexuels d’Orlando sont aujourd’hui condamnés à ne rien faire si ce n’est regarder, désarmés.»

Slate.fr rappelle que la question de l’autorisation du don du sang chez les hommes homosexuels s’était posée avec une particulière acuité l’an dernier en France, quand une politique similaire à celle des États-Unis avait été adoptée. Le chroniqueur Didier Lestrade avait alors dénoncé «la mauvaise blague de l’abstinence gay»:

 «Il est toujours très facile de tester les lots de sang une seconde fois, ce qui serait beaucoup plus simple que de multiplier les obstacles insultants pour ceux qui veulent sincèrement donner leur sang. D’autres pays comme l’Italie ont allégé le tri du sang et les gays sont traités au même niveau que les hétéros.»

Solidarité biologique

Pour notre part nous avons, sur Slate.fr et sur ce blog, défendu un «difficile exercice de démocratie sanitaire» . Organisé et piloté par le Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé, cet exercice consiste en effet  à «mettre un terme à ce qui pouvait être perçu et vécu comme une discrimination tout en maintenant le niveau de sécurité du système transfusionnel français».

 Les difficultés soulevées les dons d’urgence s’étaient posées en France à l’occasion des attentats du 13 novembre. Ces difficultés logistiques ne sauraient en rien justifier un abaissement du niveau de sécurité sanitaire. Ici comme ailleurs il faut, tout en luttant contre les discriminations, se garder des conséquences négatives engendrées par l’émotion. Le don de sang n’est pas un droit. Les motifs d’exclusion sont multiples. Ce don n’est qu’un maillon dans une longue chaîne de solidarité biologique – une chaîne qui ne tient que parce qu’elle défend les intérêts de la santé publique.

 

A demain

 

3 réflexions sur “Fusillade dans une discothèque gay d’Orlando; controverse sur le don de sang des homosexuels

  1. Je ne sais pas quelles sont les données épidémiologiques chez les homosexuels d’Orlando.
    Mais prendre la question par le bout scientifique est sûrement mieux (et moral) de le prendre par le bout de la morale de la discrimination de la stigmatisation ou autres bonnes intentions

  2. Écarter une population à risque ce n’est pas discriminer ou stigmatiser mais accomplir un acte de santé publique. Le communautarisme cause vraiment des ravages dans les cerveaux.

  3. En France dans le questionnaire de pré-don, on ne demande pas aux femmes si elles pratiquent la sodomie afin de leur interdire le don. Pourtant le risque me semble alors semblable en terme de probabilité de contamination, qu’avec un homosexuel ayant un partenaire fixe.
    Mais je ne suis pas médecin et peux me tromper.

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