Euro 2016 : peut-on imaginer le football sans imprégnations alcooliques pathologiques ?

Bonjour

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, se réveille et menace. On l’imagine aimer le sport en général, le football en particulier. On sait aussi qu’il ne peut supporter les atteintes à l’ordre public. Sa fonction est de les réprimer. Mieux encore : de les prévenir.

De ce point de vue les affrontements de Marseille (Angleterre 1 –Russie 1) constituent un échec majeur. Les forces de l’ordre étaient prévenues du risque et avaient mobilisé des moyens considérables. Elles l’avaient fait savoir et publiquement expliqué qu’elles maîtriseraient la situation. En dépit du bilan des violences, largement filmées et diffusées les responsables locaux ont savamment expliqué qu’elles n’avaient, en rien, failli.

Terrasses et contenants

Vingt-quatre heures après les faits le ministre de l’Intérieur est monté en chaire (lire ici). Il a annoncé à la presse et au monde que la puissance publique pourra, désormais, définir des périmètres sensibles au sein desquels quelques mesures anti-alcooliques pourront ici et là être prises:

« Plusieurs préfets ont déjà imposé des restrictions concernant la vente, le transport, et la consommation d’alcool. Je leur ai demandé de prendre toutes les mesures utiles visant à prohiber, les veilles et jours de matchs, et les jours d’ouverture des fan-zones, dans les périmètres sensibles, la vente, la consommation et le transport de boissons alcoolisées. Cette mesure pourra concerner le domaine public, les commerces de proximité, ainsi que les débits autorisés en cas de vente à emporter.

« Les préfets pourront également interdire en terrasse les contenants susceptibles d’être utilisés comme projectiles. »

Autoriser la bière dans les stades

Les services du ministère de l’Intérieur avaient-ils reçu, début avril, le texte adressé à la presse par l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie ? L’ANPAA est reconnue d’utilité publique, agréée d’éducation populaire, et organisme de formation implantée sur l’ensemble du territoire national. Quelques extraits :

« Après la publicité, le lobby alcoolier passe au stade supérieur Grand gagnant de la loi Touraine avec la mise à mal de la loi Evin sur le volet publicité en faveur des boissons alcooliques, le lobby de l’alcool n’en a manifestement pas assez puisqu’il s’y attaque à nouveau avec cette fois la question de la vente d’alcool dans les stades (…)

« Ceux-là mêmes qui ont réussi à faire basculer la Mairie de Saint Denis s’agissant de la finale de la coupe de France entendent bien pousser leur avantage et étendre la possibilité de vendre de l’alcool pour tous les matches de la ligue 1 souhaitent « qu’il soit admis une fois pour toute que la bière est autorisée dans les stades », autorisation qui représente un fort enjeu financier pour les clubs professionnels.

Rappelons le précédent du Mundial 2014 : sponsors obligent, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a imposé la vente de bière dans les stades au Brésil qui l’avait interdite en 2003 pour y endiguer la violence. Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA, a dû constater les dégâts au point de déclarer: ‘’J’ai été impressionné et suis préoccupé par le niveau d’ébriété de nombreux supporteurs qui ne se comportent pas bien à cause de cela’’, et de se dire ‘’préoccupé par le nombre de supporteurs ivres dans les stades’’. »

Déluges de 1664® 

Pour sa part la Ligue de football professionnel (LFP) avance, en France, l’argument que les supporters arrivent déjà ivres et que par conséquent l’interdiction de la consommation alcoolique au sein des stades ne servirait à rien. La même LFP  avance également l’argument selon lequel « il est beaucoup plus facile de contrôler les populations une fois qu’elles ont passé les contrôles et sont dans l’enceinte. » Duplicité et/ou absurdité ?

Les responsables, français et étrangers, du football français imaginent-ils le football sans alcool ? Peut-on prendre plaisir à la vision de ce sport sans ivresse ? Le football professionnel peut-il vivre sans l’argent et la publicité des grands alcooliers industriels ? Les forces de l’ordre sont-elles condamnées à lutter contre des débordements alcoolisés ?

Que peuvent Bernard Cazeneuve, Marisol Touraine et le président de la République contre les déluges publicitaires qui, durant tout l’Euro 2016, nous incitent à nous abreuver de 1664® ?

A demain

 

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