Madame, qui doit faire la loi : le marché ou l’Etat ? Le sombre dimanche de Marisol Touraine

 

Bonjour

Sombre dimanche. Guérilla médiatique avait-on prévenu. Guérilla il y a. La ministre de la Santé lit-elle le Journal du Dimanche ? Ses services le lisent-ils pour elle ? Pleine page 17, aujourd’hui 19/06, une « Lettre ouverte à Marisol Touraine ». En voici la première partie :

« Nous ne vous apprenons rien en disant que le prix des médicaments est en constante augmentation. Que les prix ne sont absolument pas justifiés. Que les laboratoires pharmaceutiques font des marges colossales et révoltantes sur le traitement des malades. Que la Sécurité Sociale n’est pas en mesure de rembourser ces traitements.

« Nous ne vous apprenons donc rien en disant que notre système de santé, et par conséquent notre santé, sont en réel danger. »

Une simple question

On retrouve ici la suite de la guérilla médiatique lancée le 13 juin par Médecins du Monde sur le thème de l’indécence du prix des médicaments. Dans la foulée, outrée, l’industrie pharmaceutique avait répondu. On attend toujours la réponse de Marisol Touraine à cette attaque construite, argumentée, redoutable. Voici, aujourd’hui,  la seconde partie de la lettre ouverte de Médecins du Monde :

« Alors nous aimerions vous poser une simple question :

« Quand il s’agit de santé, qui doit faire la loi, le marché ou l’Etat ? Merci de ne pas adresser votre réponse à Médecins du Monde mais directement aux Français. »

Quand et par quel canal la ministre de la Santé répondra-t-elle à ses compatriotes sur un sujet aussi éminemment politique ? Une question qui survient (il n’y a pas de hasards) au moment où tout se tend pour le gouvernement.

Philippe Martinez

Ainsi Philippe Martinez vient-il de réaffirmer qu’il « maintenait les journées d’action » des 23 et 28 mai contre la « loi travail ». Le secrétaire général de la CGT, ce dimanche, était l’invité du « Grand Rendez-vous » d’Europe 1Le Monde et iTélé. Plus grave encore peut-être, accusé d’inaction face aux casseurs qui ont perturbé les récentes manifestations, en particulier celle du 14 juin, Philippe Martinez a renvoyé la responsabilité du maintien de l’ordre aux autorités et aux « ordres de non-intervention » qui seraient donnés selon lui aux policiers :

« Je m’interroge sur les ordres donnés à la police, ça ne peut se passer que du côté du préfet ou du ministre » demande, méchant, le patron de la CGT. Pour sa part Manuel Valls, Premier ministre appelle, dans le Journal du Dimanche à l’annulation des rassemblementsEt le leader syndical de réaffirmer son intention de descendre dans la rue, car « les manifestations sont l’expression de la démocratie sociale ».

Tous les sondages convergent pour dire que la popularité du Premier ministre et, plus encore, du président de la République, s’effondrent. Personne ne comprend rien à l’annonce, faite hier, d’une « primaire socialiste » hier tenue pour impossible. La guérilla médiatique se fait sous le bandeau du « Prix de la Vie ». L’ONG Médecins du Monde signe les attaques en expliquant qu’elle soigne, aussi, l’injustice. In cauda venenum. Bien sombre dimanche.

A demain

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