Avortement démédicalisé : les gynécologues libéraux sont moins méprisants que redouté

Bonjour

Drapeau blanc. Il faut savoir finir une polémique ; y compris (et surtout) sur les réseaux sociaux. Depuis la publication de son communiqué daté du 13 juin le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens français (Syngof) était devenu une cible de choix. Toutes celles et ceux qui redoutent le début d’une remise en cause du droit à l’interruption volontaire de grossesse ont dénoncé les termes et les sous-entendus de ce texte – un texte mal ficelé, plus corporatiste qu’idéologiquement marqué. Cette nouvelle polémique a notamment été évoquée sur Slate.fr : « Une IVG médicamenteuse sans arrêt de travail: le mépris des gynécos français ».

Délais et conditions

Nous nous étions mal compris nous dit aujourd’hui, en substance, le Syngof. Aucune idéologie, ici ; ne voir que des ajustements pratiques émanant de professionnels du terrain. Cette polémique, ces mauvaises manières faire au Syngof, tout cela résulte d’une dérive, d’une interprétation malveillante. Et le Syngof de rappeler  qu’il se félicite que l’IVG médicamenteuse de ville « puisse être réalisée par une représentation plus étendue du personnel médical, ce qui permet aux femmes d’y accéder dans les meilleurs délais et conditions ». Les sages-femmes et Marisol Touraine apprécieront.

Prière d’oublier « IVG quand les obstétriciens cherchent des noises à Marisol Touraine et aux sages-femmes ». Le président du syndicat (le Dr Bertrand de Rochambeau (Hôpital privé de Marne-Chantereine) revient sur ses pas et le Dr Elisabeth Paganelli, précise les mots qui lui avaient valu une volée de bois vert numériquement administrée par son confrère Martin Winckler-Marx Zaffran.

Pratiques de ville

Revenons à l’essentiel. Le Syngof rappelle que son communiqué ne s’appliquait qu’à « l’IVG médicamenteuse de ville »  et ce « pour les grossesses de moins de cinq semaines. » Ce n’est en effet que dans ce cadre qu’une IVG médicamenteuse peut être pratiquée par un médecin « de ville », un centre de planification ou une sage-femme – et ce pour une femme qui souhaite une IVG sans hospitalisation. Le Syngof :

« A l’inverse de l’IVG médicamenteuse à neuf semaines d’aménorrhée pratiquée en établissement de santé, et de l’IVG chirurgicale, l’IVG médicamenteuse de ville présente l’intérêt d’être démédicalisée et donne à la femme la liberté de choisir le jour de la prise de ses médicaments en fonction de ses contraintes personnelles et professionnelles. C’est dans le souci de garantir cette liberté et cette discrétion que le praticien conviendra du jour le plus approprié pour la prise des médicaments et l’expulsion et s’adaptera aux contraintes de sa patiente. »

Où l’on voit que, tout bien pesé, le Syngof ne conteste en rien les recommandations de la HAS en date de décembre 2010 : l’accès à l’IVG doit, autant que faire se peut, être simple et rapide. Reste l’abcès : arrêt de travail ou pas ?

L’âne et son coup de pied

« L’arrêt de travail est étudié au cas par cas, mais le Syngof réaffirme que l’IVG médicamenteuse avant  sept semaines d’aménorrhée maximum a pour vocation d’être pratiquée au plus tôt dans l’évolution de la grossesse en vue de minimiser le risque traumatique et les complications post ivg pour la femme. »

Pour finir le Syngof souligne qu’un adulte accompagnant « doit obligatoirement être présent le jour du saignement ».  Et les responsables de ce syndicat de poser une question : « Faut-il prévoir un arrêt de travail pour l’accompagnant dans ce cas ? ». C’est là une méchante conclusion, connue sou le nom de « coup de pied de l’âne ». Les deux camps peuvent être rassurés : la polémique peut continuer.

A demain

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