Aux Etats-Unis, les malades alcooliques se suicident souvent aux premières heures de la nuit

 

Bonjour

La maladie alcoolique ? Elle est  infiniment plus complexe qu’on aimerait le croire. Tous les alcoologues ne vous le diront peut-être pas. C’est là une entité où l’assuétude unique ne doit pas tromper ; elle renvoie à bien des causalités, à bien des sémiologies, à bien des pièges cliniques. Seuls des examens et des écoutes de grandes finesses peuvent laisser entrevoir les désespoirs auxquels le soignant tentera de porter soins et remèdes.

On ne saurait pour autant négliger les apports globaux, les tendances lourdes  des grands bouleversements biologiques et psychiques inhérents aux apports alcooliques chroniques. Ainsi cette information distillée par Slate.fr. On y parle  d’une étude présentée il y a peu à Denver lors de la dernière conférence annuelle des Sociétés américaines de médecine du sommeil. 1

Elle tend à démontrer que chez les personnes devenues malades de l’alcool le même risque suicidaire varie selon les horaires. C’est à 21 heures que l’incidence du suicide est la plus élevée.  Ce risque suicidaire atteint son minimum vers 17 heures. On sait par ailleurs, depuis des lustres, que c’est vers les douze coups de minuit que les suicidants non-alcooliques sont les plus susceptibles de passer à l’acte.

Moins simple qu’il n’y paraît

Les chiffres alcooliques ont été établis par l’équipe du Dr Subhajit Chakravorty, spécialiste de psychiatrie à l’Université de Pennsylvanie. Ce dernier avait déjà travaillé sur les liens entre alcoolisme et insomnie. Les chercheurs ont ici travaillé sur la base des données colligées (entre 2003 et 2010) par les Centres américains de contrôle et la prévention des maladies (CDC). Et plus précisément sur les chiffres relatifs aux morts par suicide dont l’historique de dépendance à l’alcool était connu et pour lesquels le taux d’alcoolémie lors du décès avait pu être  déterminé. Subhajit Chakravorty:

 «La présence d’une structure temporelle dans l’incidence des suicides va nous aider à comprendre le phénomène autant d’un point de vue clinique que théorique. Dans une perspective clinique, les résultats vont nous aider à identifier les patients ayant le plus de risque de se suicider et nous permettre une allocation plus efficiente de nos ressources limitées.

 Ce chercheur explique encore que des études ultérieures devront explorer les mécanismes sous-jacents permettant d’expliquer comment et pourquoi différentes doses d’alcool sont susceptibles d’interagir avec l’heure du jour et de la nuit, ainsi qu’avec d’autres facteurs cliniques, pour augmenter le risque suicidaire. La maladie alcoolique est décidément   infiniment moins simple que l’on pourrait l’imaginer.

A demain

1 “Alcoholics more likely to commit suicide in evening hours

 

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