Maltraitance hospitalière: la bien méchante affaire de la pharmacienne des Quinze-Vingts

Bonjour

Comment peut-on en arriver à de telles extrémités ? L’affaire, au-delà du compréhensible, vient d’être rapportée par Le Quotidien du Médecin. (Sophie Martos). Elle n’est pas sans réveiller quelques douloureux souvenirs. Résumons là. Cinq intersyndicales de praticiens hospitaliers, pas moins, (Avenir Hospitalier, CMH, CPH, INPH et SNAM-HP) dénoncent d’une même voix la« maltraitance » dont est selon elles victime une pharmacienne, praticienne hospitalière, suspendue par la direction du centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts (Paris).

Quinze-Vingts ? Fondé par Saint-Louis il y a huit siècles c’est aujourd’hui un établissement public national de santé ce prestigieux établissement est le berceau de l’ophtalmologie française. Il assure les missions d’un hôpital universitaire : les soins, l’enseignement, la recherche et la prévention. Entièrement tourné vers une seule discipline, l’ophtalmologie il est, au fil du temps, devenu un véritable pôle de référence dans le traitement des pathologies de la vision.

Près de la Bastille

L’établissement est reconnu dans le monde entier et a contribué à la formation de plusieurs générations d’ophtalmologues français et étrangers. Cet établissement dispose aussi d’une importante pharmacie, comme on peut le voir ici. Entrer par le N° 28 rue de Charenton. Nous ne sommes pas loin de la Bastille.

Incompréhensible l’histoire commence en  janvier 2014. Une pharmacienne hospitalière (25 ans de carrière) est « suspendue à titre conservatoire ». Il faut  « sécuriser l’établissement ». La décision est alors jugée arbitraire par les intersyndicales. « C’était un épisode verbal entre deux praticiens qui ne menaçait en aucun cas la sécurité de l’établissement, ni des patients, explique au Quotidien Jacques Trévidic, président de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH). Aujourd’hui la suspension par la direction ne comporte officiellement ni obligation de motivation, ni limitation de durée. »

Déni de justice ?

La pharmacienne suspendue décide de saisir la justice administrative. Cette dernière annule la décision de la direction fin mars 2016 et impose le retour de la pharmacienne dans son service le 1er avril 2016. Peu avant  la direction contre-attaque en adressant un courrier « lui signifiant qu’elle est opposée à sa reprise de ses fonctions ». La pharmacienne ne reviendra pas et sera de nouveau suspendue à tire provisoire, le 7 juin 2016.

Aujourd’hui les cinq centrales syndicales pointent du doigt un « déni de justice ». Sans oublier un problème dans le management, allant jusqu’à évoquer un harcèlement moral. « Le rôle du manager est d’apaiser. Ici la direction n’a rien fait, aucune mesure n’a été prise pour permettre son retour », accuse Jacques Trévidic.

Police intérieure et maltraitance

Dans un même mouvement Avenir Hospitalier, la CMH, la CPH, l’INPH et le SNAM-HP exigent désormais la levée immédiate de la suspension du praticien parisien. Ils réclament aussi l’ouverture d’une enquête administrative qui devra être menéele centre national de gestion (CNG). Objectif : faire la lumière sur les pratiques managériales au sein du centre hospitalier national d’ophtalmologie des Quinze-Vingts. « Une telle décision de police intérieure de la part d’un directeur ne doit relever que d’un motif de danger public manifeste au sein de son établissement, motif suffisamment grave pour que nous en prenions connaissance » expliquent les cinq intersyndicales

Une « note » a également été envoyée au ministère de la Santé. « Il y a une augmentation du nombre de cas de maltraitance institutionnelle. Il y a un vrai problème de fond dans le management des hôpitaux publics. Ce n’est plus possible de rester dans ces conditions », conclut Jacques Trévidic. Le Quotidien du Médecin a contacté la direction des Quinze-Vingts. Cette dernière assure que « la procédure habituelle a été respectée et que l’affaire est toujours en cours au tribunal administratif ».

Où il est démontré que le respect de la procédure et la saisine de la justice peuvent cacher bien des mystères. Où il est démontré, aussi, à quel point  l’affaire du suicide du Pr Jean-Louis Mégnien 1 pouvait être tragiquement symptomatique.

A demain

1 Le suicide du Pr Jean-Louis Mégnien sur son lieu de travail le 17 décembre 2015 a mis le projecteur sur les agissements de maltraitance et de harcèlement moral commis au sein de l’hôpital public. « L’association Jean-Louis Mégnien de lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l’hôpital public », qui s’est constituée en février 2016, s’est donné pour objectif de faire cesser des pratiques dégradantes condamnées par la loi. Attachée au principe du respect de l’Etat de droit dans l’organisation du service public hospitalier, elle va agir pour que ces atteintes à la dignité humaine, à la santé physique et psychique des personnes ne soient plus tolérées. Elle est résolue à aider par tous moyens ceux qui sont victimes de maltraitance et de harcèlement, qu’il soit sexuel ou moral. associationjlmegnien@gmail.com ; 31 rue Pierre-Demours, 75017 Paris.

 

3 réflexions sur “Maltraitance hospitalière: la bien méchante affaire de la pharmacienne des Quinze-Vingts

  1. Information » bikini  » : ça devoile beaucoup….mais pas l’essentiel : qui est l’autre praticien impliqué dans l’incident initial ?
    Un protégé ? Un « bras long »… un « fils d’évêque  » ? …un ancien de l’ENA…une blonde sulfureuse ? …la nièce du DRH…?
    Beaucoup de réponses , assurément…dans ces précisions !!

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