E-cigarette : elle nuirait au nez mais rajeunirait la fonction des poumons. Qui dit la vérité ?

 

Bonjour

Nouvelle attaque contre la cigarette électronique.  Cette fois c’est une publication de l’American Journal of Physiology : “E-cigarette use results in suppression of immune and inflammatory-response genes in nasal epithelial cells similar to cigarette smoke”. Publication que l’on peut retrouver ici, ou encore, vulgarisée, ici.

L’affaire commence à faire du bruit de ce côté-ci de l’Atlantique. « Vapoter des cigarettes électroniques ne serait pas sans conséquence pour la santé des poumons. Inhaler de la nicotine liquide modifierait le système immunitaire pulmonaire en altérant plus de gènes que la cigarette classique » résume-t-on sur le site de TopSanté. « Des toxicologues affirment que la e-cigarette modifie des gènes de l’immunité » annonce, en écho, Science et Avenir.

Cellules nasales

En substance un travail chercheurs universitaires américains mené sur 13 non-fumeurs, 14 fumeurs et 12 utilisateurs d’e-cigarette. Analyses sanguines et urinaires des niveaux de nicotine et de biomarqueurs témoins des  expositions au tabac. Trois semaines plus tard prélèvements d’échantillons cellulaires dans les voies nasales de chaque participant. Objectif : analyser l’expression de gènes impliqués dans les réponses immunitaires pulmonaires. Résultats : le tabac diminue l’expression de 53 gènes et la e-cigarette fait de même pour  l’expression de 305 gènes supplémentaires.

«La recherche suggère précisément que l’inhalation des liquides vaporisés via les e-cigarettes ne sont pas sans effets sur le niveau d’expression génique des cellules épithéliales. Cette inhalation entraînerait des modifications épigénétiques, c’est-à-dire d’expression des gènes et donc de production de protéines importantes pour la santé de nos cellules », explique le Pr Ilona Jaspers qui a dirigé ce travail.

« Cette étude a fait grand bruit depuis deux jours, nous a expliqué Jacques Le Houezec, président de Sovape.
Ses résultats doivent être relativisés par le fait qu’elle porte sur un petit nombre de sujets et que l’utilisation de la CE était relativement récente pour certains utilisateurs. De plus, et même si ces effets sont statistiquement significatifs, rien n’indique qu’ils aient un effet cliniquement significatif. »

Inserm absent

Jacques Le Houezec cite à l’inverse une étude longitudinale italienne 1 qui montre un effet bénéfique à long-terme (un an) de l’utilisation de la CE sur la fonction pulmonaire. « Même si cette étude est limitée dans son interprétation car réalisée à une époque où la CE utilisée était de première génération (cigalike) et que son efficacité pour aider les fumeurs à arrêter était limitée, il ressort que les fumeurs qui ont pu arrêter de fumer totalement, même s’ils ont continué d’utiliser la CE, ont vu leur fonction pulmonaire s’améliorer, sans événements indésirables notables » résume le président de Sovape.

Cette étude permet donc largement de relativiser une étude sur des cellules de la muqueuse nasale. Et ces deux études viennent, une fois de plus, mettre en lumière la tragique absence, sinon l’incurie, de la recherche publique et universitaire française sur un sujet de d’une telle importance en termes de réduction des risques.

A demain

1 “Changes in breathomics from a 1-year randomized smoking cessation trial of electronic cigarettes” Eur J Clin Invest. 2016 Jun 20. doi: 10.1111/eci.12651. [Epub ahead of print]

 

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