Jeunes Françaises : que diriez-vous de 1000 euros en échange de quelques-uns de vos ovocytes ?

Bonjour

Brexit ou pas, le Vieux Continent est toujours là. Nous évoquions il y a peu le nouveau marché de la PMA et les opportunités qu’il offre dans une Espagne oublieuse de son général Franco (1892-1975) et de sa catholicité éternelle : « Les Espagnoles commencent à se faire prier pour ‘’donner’’ leurs ovocytes ».

Apportons une précision quant aux conditions financières de ce don – des informations gracieusement fournies par la correspondante en France du groupe IVI (Institut Valencien de l’Infertilité) – « Je veux réaliser mon rêve ». En pratique IVI propose aux femmes espagnoles volontaires pour « donner » quelques-uns de leurs ovocytes une « compensation financière ». Elle est « de 800 à 1000 euros » et vise à  « couvrir les désagréments physiques ». Tout ceci se fait, nous dit-on, « en toute transparence ».

No limit

Mais encore ? Le don d’ovocytes est autorisé en Espagne depuis 1988 (loi espagnole 35/1988 du 22 novembre 1988). Cette loi réserve le bénéfice des techniques de procréation médicalement assistée aux femmes majeures qui ont donné leur consentement de façon libre et consciente, et par écrit.  Elle ne comporte aucune limite d’âge supérieure. Elle ne limite pas non plus aux femmes mariées l’accès à l’assistance médicale à la procréation. En revanche, lorsque la femme est mariée, le consentement du conjoint est nécessaire.

La « donneuse » d’ovocytes doit «répondre à certains critères» :

  • Âge : 18 à 35 ans.
  • Antécédents génétiques conformes à la législation en vigueur.
  • Ne pas présenter de maladies sexuellement transmissibles.
  • Avoir un appareil reproducteur normal, être en bonne santé physique et mentale.

Motivation économique

La loi espagnole autorise d’autre part le « dédommagement » des donneuses. Le montant du dédommagement sera celui « que la clinique retiendra approprié ». Une limite est toutefois fixée « afin d’éviter que cela devienne une motivation économique pour les donneuses d’ovocytes et de spermatozoïdes ». La « compensation financière » sert à couvrir les « dérangements physique »s que ce don de gamètes peut occasionner – tout en sachant que cette procédure doit être anonyme et « sans but lucratif ».

Notre correspondante ajoute que « l’Espagne est historiquement le n°1 mondial en matière de dons d’organes pour des raisons culturelles, légales, politiques, économiques, médicales et « communicationnelles »». « Ceci explique aussi pourquoi les femmes espagnoles donnent plus facilement leurs ovocytes ».

Marchander le corps

Brexit aidant, on en vient à se demander ce qui se passerait si une telle possibilité de « dédommagement » était autorisée en France. Combien de femmes donneraient moyennant 1000 euros de compensation ? Qui donnerait cette somme ? On songe à la Caisse nationale d’assurance maladie qui, dit-on, prend pour partie en charge les assurées sociales françaises qui, en Espagne, ont recours à des « dons » d’ovocytes.

On peut aussi s’indigner devant de telles pratiques qui semblent préfigurer une marchandisation demain triomphante des éléments du corps humain.

A demain

 

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