Brexit ou pas, les Espagnoles commencent à se faire prier pour «donner » leurs ovocytes

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Brexit ou pas, le nouvel Eldorado de la fertilité à volonté est d’origine espagnole. C’est notamment IVI (Institut Valencien de l’Infertilité) dont le slogan français est « Je veux réaliser mon rêve ». Fondée en 1990, est la première institution médicale en Espagne entièrement dédiée à la reproduction assistée. Aujourd’hui, ce groupe compte  une cinquantaine de cliniques dans onze pays. Il dit être « le leader européen en médecine de la reproduction ». Il dit aussi « avoir contribué à la naissance de plus de 110.000 enfants grâce à la mise en œuvre de méthodes de reproduction assistée particulièrement innovantes ».

Première banque mondiale

IVI dispose « de la plus grande banque de donneurs d’ovocytes dans le monde ». En 2015, le groupe a réalisé plus de 6000 cycles avec don d’ovocytes, soit 12% de plus qu’en 2014. On ne connaît pas ses projections pour 2016. Voici son dernier communiqué destiné à la France :

« Face à la pénurie de dons d’ovocytes en France et aux listes d’attente pour en bénéficier, les Françaises doivent se rendre à l’étranger pour en bénéficier. Ainsi, elles sont de plus en plus nombreuses à venir chaque année dans les cliniques IVI, en Espagne. En 2015, 614 traitements pour un don d’ovocytes ont été réalisés pour des femmes françaises. Le don d’ovocytes est LE [sic] traitement de PMA le plus demandé par les Françaises, chez IVI, et représente presque 50% des traitements. » 

A la différence de la française la loi espagnole autorise le recours à la PMA pour les femmes homosexuelles (vivant ou non en couple) comme pour les célibataires hétérosexuelles. D’où l’offre « thérapeutique » du groupe espagnol qui « rétribue » (« indemnise », « défraie » etc.) les jeunes femmes acceptant de « donner » une fraction de leurs ovocytes après stimulation de leur fonction ovarienne.

Marché perturbé

Tout ceci ne va pas sans perturber le marché. Ainsi, alors que la demande d’ovocytes augmente en Espagne, on assiste à une diminution de l’offre. C’est là, nous dit IVI, « un phénomène qui a alerté les gynécologues spécialisés en médecine de la reproduction, qui envisagent de proposer des modifications à la loi ». En 2015, les femmes espagnoles « ont montré moins d’intérêt à faire des dons dans une clinique IVI » (sic). La diminution de ces dons a été de 21% alors même que le nombre de cycles avec dons d’ovocytes « a augmenté de façon significative ». Il est donc indispensable d’alerter sur la nécessité urgente de faire connaître la possibilité de donner vie grâce au don d’ovocytes.

Cette situation inquiète le Dr Manuel Muñoz, directeur de IVI Alicante. Elle préoccupe aussi la Sociedad Española de Fertilidad  (SEF). Lors de sa récente conférence annuelle, la SEF et IVI, ont fait état de leurs préoccupations « en ce qui concerne la nécessité de redéfinir la politique du don d’ovules afin que les femmes puissent accomplir leur rêve de devenir mères, sans pour autant renoncer à leurs ambitions professionnelles » (sic). Les responsables espagnols estiment que le moment est venu de modifier les règles de « l’offre ».

Obsolescence  programmée

Pour résumer ils estiment que « l’’approche actuelle du don d’ovules est devenue obsolète » (sic). Aussi réclament-ils des changements. A savoir :
– la possibilité pour les donneuses de faire des dons dans différentes cliniques, une fois que le Registre national des donneurs sera créé (prévu pour Juin 2016) :
– la nécessité de modifier la loi relative au nombre maximum de naissances vivantes par donneuse, aujourd’hui limité à six;

– la nécessité pour les donneuses de se soumettre à un « test de compatibilité génétique » afin d’éviter la transmission de maladies génétiques aux embryons transférés dans l’utérus des destinataires.

Le communiqué officiel n’évoque pas des niveaux actuels de rétribution, pas plus que la nécessité de les augmenter. Il n’évoque pas, non plus, la possibilité à terme, de contrats à durée déterminée (CDD) pour les femmes acceptant de céder tout ou partie de leur possibilité de devenir mère.

A demain

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