Alcool et travail : trente-trois jeunes médecins français sur cent boivent plus que de raison

 

Bonjour

Le Brexit le démontre à l’envi : on ne prend pas sans risque le pouls d’autrui. Le Conseil national de l’Ordre des médecins a voulu prendre celui des plus jeunes parmi les siens. Le résultat ne manque pas d’inquiéter. On peut, tout naturellement,  en prendre ce matin connaissance dans Le Quotidien du Médecin.

« Admettre que le médecin peut être en détresse morale et physique, est longtemps resté un sujet tabou », rappelle l’Ordre. Tabou ? Vraiment ? On pourrait se demander pourquoi. C’était une autre époque. Le médecin ne pouvait avoir de faille, et ce précisément parce qu’il était médecin, un homme en blanc.

Mais les médecins ne sont plus ceux qu’ils étaient. Et L’Ordre lui-même a bien changé. Hier Gardien du Temple il s’est progressivement sécularisé, politisé, normalisé. Il consulte, commissionne et propose. Partant il prend le pouls. Sa commission « Jeunes médecins » a adressé par mail un questionnaire aux étudiants de 2e cycle, 3e cycle ou en fin de cursus. Un questionnaire, aussi, à ceux disposant d’une licence de remplacement mais non inscrits à l’Ordre. Près de 8 000 d’entre eux ont répondu. Ce qui est en soi un événement.

« Etat de santé » : près de 25 % des répondants le jugent moyen (21,1 %) ou mauvais (3,1 %). Mais c’est surtout en début de cursus qu’ils se sentent fragiles. 26,1 % des sondés du 2e cycle jugent leur état de santé moyen (4,7 % le jugent mauvais). Les étudiants vivant seuls jugent plus sévèrement leur état de santé que ceux vivant en couple ou en famille. Et alors que 58 % des sondés déclarent avoir un médecin traitant, ceux qui n’en ont pas sont plus nombreux à se sentir en moyenne ou mauvaise santé.

Cet état de santé conduit parfois certains à s’arrêter. Un étudiant de 2e cycle sur trois a été en arrêt maladie au cours des deux dernières années — ils sont 56 % chez les internes et 11 % en fin de cursus. Dans 78,6 % des cas, cet arrêt était consécutif à un trouble somatique (21,4 % à un trouble psychique).

Les étudiants n’ont guère le loisir de lever le pied. 40 % d’entre eux assurent travailler entre 48 et 60 heures par semaine, et 27 % entre 35 et 48 heures. Le stress ? 14,3 % des répondants disent y être confrontés quotidiennement et 50,5 % de façon hebdomadaire. Ce rythme de travail et ces épisodes stressants ont des conséquences sur leurs performances professionnelles (82 % des répondants), leur vie sociale (91 %), leur vie familiale (87 %), et leur consommation de produits addictogènes (33 %).

« Idées suicidaires » : les étudiants n’en sont pas exempts (« comme l’actualité récente l’a tristement rappelé » note Le Quotidien. Sur les 1 079 répondants ayant déjà pensé à mettre fin à leurs jours, (14 % des sondés), 578 ont également indiqué être en mauvaise ou moyenne santé. Parmi eux, 46 % vivent seuls, et 54,6 % travaillent plus de 48 heures par semaine. 29,2 % de ces 578 répondants affirment consommer « souvent » des produits comme le tabac, l’alcool ou des drogues illicites, et 30,2 %« parfois ».

« Médicaments » : Étudiants et internes font aussi un usage des médicaments. Les antalgiques de palier 1 sont « souvent » consommés par 32 % des répondants (40,4 % en prennent « parfois », 22 % « rarement »). Pour ceux de palier 2, 3,1 % en ont souvent l’usage, 13,5 % parfois et 18,2 % rarement. Les anxiolytiques aussi font partie de la panoplie (3,1 %, 7,9 %, 11,5 %) et la consommation est sensiblement plus élevée chez les répondants en mauvaise santé, ou qui ont eu des idées suicidaires.

« Alcools » : On est déjà dans le dur.  33 % des répondants en consomment tous les jours ou plusieurs fois par semaine. L’étude du CNOM n’aborde pas malheureusement pas la question de la nature ni de la quantité des boissons alcooliques consommées.

Médecins ou pas c’est ainsi : on ne brise pas tous les tabous en une seule fois.

A demain

2 réflexions sur “Alcool et travail : trente-trois jeunes médecins français sur cent boivent plus que de raison

  1.  » Si on devait admettre des autres ce qu’on trouve tout naturel pour soi même, la vie serait impossible  »
    Alphonse Allais

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