L’histoire de David, 31 ans, qui avait son bac mais qui ne savait pas souffler dans un éthylomètre

Bonjour

L’imprégnation alcoolique est un grand classique médiatique. Aiguë ou chronique, suspectée, ou établie, condamnée ou fantasmée elle fait parler, écrire, pleurer parfois. On la retrouve à toutes les pages des gazettes – sans oublier leurs publicités. Ces temps-ci on y incite, en pointillés verts de bière, dans les stades magnifiés de l’Euro 2016. On songe à Michel Rocard et à la loi de Claude Evin, qui fut un ministre rocardien.

Le mal fait aux mouches

A 31 ans, David est « bac + 6 ». Il a fait une école de gestion puis il a été victime d’un licenciement économique en Suisse. C’est aussi un homme qui avoue facilement : « il ne fait pas de mal à une mouche ». Jusqu’au 8 avril 2015. Boire de la vodka tout un après-midi avec un ami peut vous donner envie d’écraser le premier insecte qui passe à portée de roue. Surtout entre chien et loup.

Vers 19 h 40, David conduit le véhicule de l’ami-vodka. C’est une Nissan. A proximité du Sanitas et du « Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie » (Csapa), quatre policiers sont postés sur le rond-point de la Rotonde. Nous sommes à Tours. Policier ou pas, chacun peut aisément observer un « comportement anormal » de la Nissan : venant de l’avenue du Général de Gaulle elle emprunte la partie gauche de la chaussée à contresens, tout en amorçant le dépassement d’une Porsche… puis se rabat à la vue de la police et, refusant de s’arrêter, percute (en fuyant) une AX pour, finalement, par caler.

Tout cela vient d’être raconté, anonymat assurés, par La Nouvelle République du Centre-Ouest. Le passager est clairement en état d’ébriété. Il est transféré au CHU Trousseau. Le conducteur ? David est menotté : « il est incapable de souffler dans l’éthylomètre ». D’autorité on lui prélève du sang : 2,50g/l. Garde à vue après dégrisement. Il reconnaît tout : avoir bu de la vodka (marque non précisée) et endommagé trois véhicules automobiles.

Quatre mois ferme

Cinq mois plus tard, le 10 septembre 2015, David n’est pas devant le tribunal correctionnel de Tours. Il est le condamné à quatre mois ferme et à six mois de suspension de permis. David se manifeste alors, et fait appel de la peine qu’il juge « excessive ».

Nous sommes en juillet 2016. Cour d’appel d’Orléans. Quatre mois ferme, vraiment ? L’avocate générale, Élise Tamil, considère la peine adaptée : alcoolémie, délit de fuite et refus d’obtempérer. Me Susana Madrid, conseil de David, ne partage pas cet avis. Où l’on apprend que imprégnation alcoolique ne peut être dissociée d’un état dépressif consécutif à une séparation avec sa compagne. Où l’on suppose que l’absence de David en première instance à pesé sur le trébuchet. Où l’on se doit de reconnaître des points positifs, comme la validité de son permis de conduite et de l’assurance de l’automobile – sans oublier son casier vierge (entre 2008 et 2015).

Ne pourrait-on pas envisager un sursis à la peine de prison et une modération de la suspension de permis – modération essentielle, on le sait, à la réinsertion – et donc à la thérapeutique de la dépression terrain la maladie alcoolique. David est condamné à une peine de six mois avec sursis, assortie de dix-huit mois de mise à l’épreuve (avec obligation de soins) et huit mois de suspension de permis. Dix-huit mois sans vodka, pour s’en sortir – dont huit sans volant.

A demain

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