Marisol Touraine : Big Data n’est pas la vraie sœur de Big Brother. Surtout n’ayez pas peur !

Bonjour

Sur le gazon la France affrontera l’Allemagne et les vacances attendront. Pour l’heure, Marisol Touraine multiplie les interventions. Aujourd’hui 4 juillet c’est l’ouverture du « colloque Big Data », puis la stratégie nationale e-santé. L’occasion de mettre les points sur les @. C’est que Big Data suscite bien des craintes, bien des incompréhensions, bien des cauchemars humanistes. Et, en face, des myriades d’espoirs, notamment capitalistes. Où est, dès lors, la gauche, du moins celle de gouvernement ? Mme Touraine :

« Pour certains, le big data, c’est « Big Brother », l’émergence d’une société où les choix et pensées seraient contrôlés, où des algorithmes régiraient le quotidien de chacun, empiéteraient sur la sphère individuelle, imposeraient leur dictature.

« Pour d’autres, le big data est un espoir formidable. Celui d’une médecine qui, en anticipant les maladies, permettra de les soigner ou les guérir. Google a récemment investi 350 millions de dollars dans une entreprise qui a pour objectif, affiché, de nous rendre éternels, un choix qui offre autant d’espoirs qu’il pose de questions. »

Pantagruélisme numérique

C’est dire qu’il faut emprunter un chemin escarpé, celui qui prendra en compte la pluralité de ces visions, « fussent-elles antagonistes ». Big Data chance à saisir, donc, à condition de prévoir des Garde-Fous. « Big Data »? Pas (encore) d’équivalent en français. En viendrons-nous, comme les canadiens francophones à parler de « Mégadonnées », de pantagruélisme numérique ?  Mme Touraine :

« La vraie nouveauté, ce sont nos téléphones portables, les bracelets, montres et autres objets connectés qui produisent des données sur notre activité physique, notre sommeil, notre rythme cardiaque. Ce sont les pacemakers connectés, les glucomètres connectés, bientôt les cuillères, t-shirts, lentilles, prothèses connectées.

 C’est le croisement de toutes ces données avec d’autres qui révèlera des liens entre nos habitudes de vie, notre environnement et notre santé. Cette explosion de données nous fait découvrir de nouveaux ordres de grandeur, de nouvelles manières de voir et d’analyser le monde. De nouveaux espoirs, aussi, pour les patients, pour la recherche, et notamment celui de guérir le cancer. »

Guérir le cancer… richesse rare des données sous-exploitées de l’Assurance maladie… appétits aiguisés par l’utilisation des « mégadonnées de santé »…. C’est un nouvel Eldorado 2.0. C’est aussi et surtout un continent encore plus rêvé et fantasmé que méthodiquement exploré. Nous en sommes ici aux balbutiements 1. Les Caravelles sont à peine arrivées sur les côtes des Indes occidentales. Les richesses sont à portée de clavier. A qui appartiennt l’écran ? Et l’imprimante 3D ?

A demain

1 Sur ce thème on peut lire notre chronique de Slate.fr :  « Santé et Big Data: l’échec de Google Flu® ne doit pas cacher la forêt » (Slate.fr, 1er juillet 2016)

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