L’histoire de Florian, 27 ans, « gros nounours » avec environ 3,34 g d’alcool dans le sang

Bonjour

L’imprégnation alcoolique, grand classique judicaire et médiatique. Aujourd’hui, avec La Nouvelle République, le tribunal correctionnel de Tours. L’histoire de Florian 27 ans. Ou plus précisément celle de son père qui vient de porter plainte contre son fils – un fils « confronté depuis maintenant sept ans a de très gros problèmes d’alcool et, parfois, de stupéfiants ».

« Ce grand gaillard de 27 ans, tête baissée dans le box, ne cherche pas à contester ou minimiser les faits. Le 30 juin, au sortir du tribunal où une décision vient d’être prise le concernant, il s’alcoolise. Tant et si bien qu’en soirée, vers minuit quinze, il grille un feu rouge et percute une voiture avenue de la République/avenue du Grand-Sud, à Chambray. »

Redoutablement neurologique

La scène est assez simple à imaginer. Le caractère stéréotypé de certaines imprégnations alcooliques a quelque chose de redoutablement biologique, neurologique. C’est avoir le vin mauvais – quand bien même le vin n’est plus guère d’actualité. A Chambray, avec Florian, on en est au stade des agressions verbales, des noms d’oiseaux qui volent autour des képis des forces de l’ordre. Les agressions font, comme toujours, place à l’état second, puis à l’hébétude. L’alcoolisé est hospitalisé et, aussitôt, sanglé. On évoquera 3,34 g d’alcool par litre de sang.

La suite est dans La Nouvelle République.

« Le lendemain, après une remarque de son père – il n’a jamais quitté le cocon familial – des coups partent. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Bâti sur le même gabarit, le paternel vient à la barre confier son désarroi. Depuis sept ans, malgré les tentatives, les cures, la détention : ‘’J’ai fait cette démarche pour essayer de trouver une solution à moyen terme. Il est imprévisible’’. La nécessité de soins semble patente. »

Appels au secours

Où l’on retrouve la justice aux prises avec les conséquences pénales d’une pathologie bien établie (assortie de différentes mises à l’épreuve). Le procureur de la République voit chez Florian  « l’échec de ce qui a pu être tenté ». Ce procureur a ce mot, dont il ne mesure peut-être pas l’exacte portée : « On ne soigne pas les gens contre leur gré ». C’est bien pourquoi, cette fois il requiert une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec maintien en détention.

La défense (Me Emmanuelle Descot) fait son métier qui est d’expliquer, de contextualiser : « Après son altercation avec son père, il est allé se présenter spontanément à la gendarmerie C’est un appel au secours. Il prend la mesure de ce qui s’est passé […] Le problème, c’est l’alcool. Si on retire l’alcool, il n’y a pas d’infraction. »

Où revient la grande question : l’imprégnation alcoolique pathologique est-elle une circonstance aggravante
ou atténuante ? Les textes et la jurisprudence contre la raison et la bienveillance… Alcoolisme vice ou alcoolisme maladie ? Après délibéré, le tribunal correctionnel de Tours condamne Florian à dix-huit mois d’emprisonnement, dont six avec sursis mise à l’épreuve de deux ans et obligation de travailler et de se soigner. Son père va-t-il l’aider ?

A demain

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