Pour 200 euros vous pourrez bientôt tester le «stress énergétique» de vos embryons in vitro

Bonjour

Brexit ou pas, l’Angleterre continue à faire la course en tête dans l’expérimentation sur l’embryon humain. L’annonce vient d’être faite à Helsinki lors du congrès annuel de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE). Encore non traitée par les médias français elle est reprise par la BBC : “ Fertility boost through ‘energy test’ ”. C’est un travail mené par des chercheurs de l’Université d’Oxford sous l’autorité du Pr Dagan Wells. Il concerne l’évaluation de la « qualité énergétique » des embryons conçus far fécondation in vitro et, à ce titre, pouvant être analysés avant d’être implanté dans l’utérus des futures mères.

Tout, ici, est centré sur les mitochondries, organites intracellulaires (d’origine maternelle) généralement présentés comme les «centrales énergétiques » du métabolisme de la cellule. Le travail présenté a été mené sur 111 embryons humains âgés de cinq jours et obtenus par fécondation in vitro. Il établit une corrélation entre le niveau de l’activité mitochondriale et l’aptitude de l’embryon à se développer, une fois transplanté, jusqu’à la naissance.

Embryons « stressés »

Une trop grande activité énergétique refléterait un « stress » embryonnaire. A l’inverse un embryon « calme » serait un gage de bon développement. C’est là une « fenêtre ouverte » sur les « compétences fonctionnelles » de l’embryon. Pour les auteurs une telle observation pourra conduire à une augmentation notable des taux de succès des fécondations in vitro. Leur rendement pourrait aussi dépasser celui observé lors des fécondations naturellement obtenues à partir de relations sexuelles.

Dans un premier temps les applications envisagées concerneront les ovocytes des femmes les plus âgées engagées dans un programme de procréation médicalement assistée. Pour l’heure la sélection des embryons conçus in vitro se fait, pour l’essentiel, sur des critères visuels ou chromosomiques. On peut aisément prévoir, à cour terme, une automatisation de ce processus de sélection – une pratique qui pourrait conduire des couples féconds à avoir recours à des techniques jusqu’ici réservées (en France du moins) à des couples hétérosexuels souffrant de stérilité ou à risque de transmettre une maladie génétique d’une particulière gravité.

Pragmatisme roi

« Notre résultat est passionnant, il apporte quelque chose de nouveau et nous espérons que nous serons en mesure de l’utiliser cliniquement » a déclaré à la BBC le Dr Elipda Fragouli. Le Pr Dagan Wells précise que le taux d’embryons « énergétiquement déficient » est faible (environ 10%) mais que tout ce qui peut aider dans la sélection embryonnaire est une bonne chose. Cette sélection permet notamment de prévenir les « montagnes russes émotionnelles» des couples confrontés à la nécessité de réaliser de multiples tentatives pour pouvoir procréer.

Les chercheurs britanniques précisent qu’il ne s’agit là que d’un test et non d’une technique qui permettrait d’ « améliorer » les embryons si ces derniers sont de « mauvaise qualité ». La BBC précise quant à elle que ce test est d’ores et déjà proposé sur le marché aux États-Unis. Au Royaume-Uni la Human Fertilisation and Embryology Authority s’interroge sur l’intérêt qu’il y a à l’autoriser.  Ce test augmenterait d’environ 200 £ (265 $) pour le coût des examens déjà effectués – mais les chercheurs estiment qu’il pourrait aisément être réalisé sans frais supplémentaires. Qu’en sera-t-il en France ?

De l’autre côté de la Manche et au-delà des menaces eugénistes, Brexit ou pas, le pragmatisme demeure roi.

A demain

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