Atteindre l’ivresse à toute vitesse ? Plus fort encore que le binge drinking, voici l’alcoolorexie

Bonjour

Puis le moment de la première cigarette au saut du lit. L’heure du blanc limé (ou pas) avant le café. Aubes tristes. C’est, bien souvent, l’avant-dernier stade. Il en est d’autres tant l’imprégnation alcoolique peut réserver des surprises. Nous avions ainsi appris, ces derniers temps, à découvrir les pratiques du « binge drinking », ces alcoolisations adolescentes venues, dit-on, des pays nordiques.

Ce sont là des fièvres de l’ivresse, aux antipodes de la maîtrise culturelle généralement imposées par des boissons dont l’élaboration n’est pas industrielle. Ce sont des bitures express où, par définition, les mots sur les sensations n’ont pas leur place. Ce sont, à tous égards, des régressions culturelles et, à l’évidence, de nouveaux risques sanitaires. C’est aussi un phénomène sur lequel, comme celui des selfies, les explications sociologiques ne valent pas tripette.

Estomacs vides

Nouveauté : il faut désormais, de plus en plus souvent, compter avec l’alcoolorexie ou drunkorexie. L’information est développée, depuis La Nouvelle Orléans, par le site medscape.com : « Jeûner avant de se saouler : la nouvelle tendance sur les campus américains » (Aude Lecrubier, Pauline Anderson). C’est assez simple à expliquer : l’alcoolorexie associe la restriction de nourriture et/ou un exercice excessif et/ou  une consommation excessive de nourriture suivie d’une purge et/ou des vomissements induits et/ou la consommation de laxatifs ou de diurétiques. Le tout avant de consommer de l’alcool. Eviter délibérément, en somme,  de manger avant de s’alcooliser.

C’est là amplifier l’état pompette dont parlent plus volontiers les femmes après deux coupes de moustille champenoise servies en apéritif. Medscape.com cite les données présentées par le Pr Dipali Venkataraman Rinker  (Université de Houston) lors du congrès scientifique annuel de la Research Society on Alcoholism, 8 étudiants sur 10 ont récemment eu un comportement de drunkorexie. Soit un travail mené auprès de 1184 étudiants enrôlés sur le campus de l’université de Houston et à partir d’une plateforme collaborative sur internet.

Comportements drunkorexiques

La moyenne d’âge des participants était de 22,3 ans. Près de 60 % étaient des femmes et près des deux tiers (63,3%) étaient blancs. Les résultats montrent que 81 % des participants ont eu un comportement drunkorexique au cours des 3 derniers mois. Les jeunes appartenant à des associations d’étudiants avaient un risque plus élevé de mésusage de l’alcool, suivis par les étudiants en résidence universitaire, puis par ceux vivant en dehors du campus et par ceux vivant chez leurs parents.

« Nos données suggèrent que les étudiants avaient plus de risque d’avoir ces comportements ‘’compensatoires’’ quand ils étaient athlètes, s’ils étaient déjà des gros buveurs, s’ils ressentaient des émotions négatives, s’ils avaient déjà des troubles du comportement alimentaire et, plus important encore, lorsqu’ils percevaient ces comportements comme tout à fait normaux pour des étudiants », explique le Pr Rinker.

Selon cette spécialiste les médecins devraient informer les étudiants sur le fait que ces comportements « sont bien moins normaux qu’ils le pensent » et les encourager « à manger et à faire de l’exercice de façon saine ». On peut voir là une forme, bien touchante, de naïveté universitaire.

A demain

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