Faire sa médecine à Orléans- Zagreb : aux frontières de l’escroquerie européenne ?

Bonjour

Pourquoi les doyens se réveillent-ils toujours si tard ? Nous avons, après quelques autres, rapporté ce qu’il en était de l’affaire MOZ (Médecine Orléans Zagreb) : donner 5 000 euros pour avoir le droit de préparer (à Orléans) la première année de médecine puis d’intégrer la faculté (de Zagreb) pour le reste du cursus. Une manière assez simple de contourner le numerus clausus« Les 50 étudiants maximums recrutés auront la chance de suivre une formation de haut niveau en adéquation avec la médecine internationale », jargonne le bureau de la prépa MOZ dans un communiqué. À la fin de l’année sur les bords de la Loire orléanaise les quinze meilleurs élèves obtiendront leur visa pour la faculté croate.

Eclosion d’illégalité

Calme plat. Puis voici que le  Pr Jean-Luc Dubois-Randé, président de la conférence des doyens de médecine en appelle à la vigilance anti-MOZ. « La conférence est totalement opposée à ce genre de pratiques. C’est une escroquerie comportant des risques pour l’avenir de l’étudiant, un abus de confiance des jeunes et de leur famille », a-t-il confié au Quotidien du Médecin. Le doyen des doyens observe que le promoteur de ce projet n’est pas un médecin. Et il s’étonne de l’absence de convention de partenariat entre l’université de Zagreb et le CHU de Tours. La Conférence des doyens a alerté le ministère de l’Enseignement supérieur du risque de voir éclore une formation illégale.

L’admission à la prépa requiert une inscription à l’université, mais aucune précision n’est mentionnée. Le Pr Patrice Diot, doyen de la faculté de médecine de Tours affirme ne pas être partenaire de ce projet. Ce site propose, comme tant d’autres,  une prépa à la « première année commune aux études de santé » (Paces). « Mais cette structure est opaque. On peut se poser des questions sur le programme, le numéro de téléphone qui ne fonctionne pas et sur l’organisation », explique le Pr Diot au Quotidien.

Vinaigres et vinaigriers

L’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) est en phase avec ses doyens.  Et l’Education nationale, elle aussi, s’est réveillée. Marie Reynier , rectrice de l’Académie Orléans-Tours a saisi Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur. « Le site ne pourra pas ouvrir ses portes à la rentrée car l’association ne rentre pas dans les clous de la loi Fioraso », croit-elle savoir. MOZ, pour l’heure, semble sommeiller et n’a pas donné suite aux demandes du Quotidien du Médecin.

Reste, au-delà des formes, la question de fond : est-il réglementairement et juridiquement possible de court-circuiter le système français de numerus clausus au sein de l’Union européenne ? Qui répondra ? Pour l’heure la Loire, superbe, coule toujours sous les ponts d’Orléans, ville célèbre pour son vinaigre et ses vinaigriers.

A demain

 

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