« Etre président de la République, c’est être confronté à la mort, à la tragédie, au drame » François Hollande, 14 juillet 2016

 

Bonjour

Du sang sur le drapeau, de drapeaux en berne. Hier Paris, aujourd’hui Nice, sur la Promenade des Anglais. Les morts violentes, atroces, aveugles, toujours recommencées.  Et ces mises en abyme radio-télévisées

Hier, à la fin extrême de l’entretien télévisé rituel du 14 juillet le journaliste Gilles Bouleau demande à François Hollande quels conseils il donnerait à celui qui lui succédera au Palais de l’Elysée. Ce sont alors quelques banalités (« … le temps est court »… « … les décisions à prendre dans l’urgence »…);  puis le verbe se fait lourd :

« Prendre conscience que l’histoire est tragique. Etre président de la République c’est être confronté à la mort, c’est être confronté à la tragédie, c’est être confronté au drame. Et si on n’est pas préparé, alors… ».

Une anaphore pour, en somme, définir au plus juste et sous toutes les époques l’exercice du pouvoir suprême. François Hollande avait déjà traité de son rapport à la mort, cette mort « qui habite la fonction présidentielle ». C’était en mars de l’an dernier 1.

« Voilà ce qui vous change: la mort habite la fonction présidentielle ». « Le président est le chef de la famille française. Il doit partager les douleurs  mais aussi maîtriser ses émotions au nom de la raison d’État ». François Hollande disait se souvenir du premier soldat français « mort en héros » au Mali, de l’angoisse des familles d’otages, de Hervé Gourdel décapité en Algérie ou de l’agent français tué par ses ravisseurs en Somalie. « Cette nuit-là, je n’ai pas dormi, je suis resté en relation constante avec nos services ». Il se confiait alors aux lecteurs du magazine  Society.

Et puis, bien sûr, Charlie Hebdo : François Hollande revenait longuement sur les circonstances, les pleurs et ses émotions lors de l’attentat du 7 janvier.

Aujourd’hui nous sommes le 15 juillet de l’année suivante. A l’heure où nous écrivons ces lignes on parle de 84 morts et de 18 blessés graves en état d’ « urgence absolue ». Le président est rentré dans la nuit d’Avignon à Paris. Et le président va bientôt se rendre à Nice, sur une Promenade des Anglais ensanglantée. Les orages politiques grondent déjà. Sans doute François Hollande se souvient-il : « maîtriser ses émotions au nom de la raison d’État ».

A demain

1 Sur ce thème lire, de Philippe Boggio : « L’interminable cortège funèbre de François Hollande » (Slate.fr 26 novembre 2015)

 

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