Tuerie de Nice : diagnostiqué psychotique, Lahouaiej-Bouhlel avait été traité par Haldol®

 

Bonjour

Ainsi donc, nous dit-on en haut lieu, ce fut « un « basculement récent vers l’islam radical ». Une sorte de radicalisation express que rien ne vient éclairer. A l’inverse les éléments convergent qui commencent à donner une idée assez précise du parcours de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel mort un 14 juillet et qui restera, dans l’histoire, comme l’auteur d’une tuerie sans précédent ? Une tuerie dans cet écrin symbolique qu’est la Promenade des Anglais de Nice, fraction ensanglantée de la Baie des Anges.

Radicalisation récente et accélérée ? Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur le dit avec des précautions : le meurtrier chauffeur-livreur « semble s’être radicalisé très rapidement ». Il s’agirait là d’ « un attentat d’un type nouveau » commis par « des individus sensibles au message de Daech qui s’engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés ».

Troisième degré

Inconnu des services de renseignement, jamais signalé pour radicalisation, Lahouaiej-Bouhlel était « en relation avec des personnes elles-mêmes en contact avec des islamistes radicaux » a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. « Mais à ce stade des investigations, cela ne prouve rien » quant à d’éventuelles complicités, a aussitôt ajouté cette même source. Une radicalisation par contamination virale au troisième degré … ? Aucun document de propagande jihadiste n’a été retrouvé à l’intérieur du camion. L’exploitation du matériel informatique saisi aux deux adresses du chauffeur, et du téléphone retrouvé dans le véhicule, est en cours. Attendons.

Pour l’heure, c’est « l’intrigante personnalité » du meurtrier qui est au cœur du sujet. « Fou de Dieu ou fou tout court ? » osent certaines gazettes. Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi sur ordre ? « Il a pu décider de passer à l’acte tout seul, de se suicider en faisant le plus de mal possible. Un coup de folie inspiré par la propagande de l’EI, qui a appelé à plusieurs reprises les soldats du califat à commettre des attaques, notamment en France avec tous les moyens disponibles, par exemple des voitures », relève une source proche de l’enquête interrogée, là encore, par l’AFP. Résumons.

Inconnu des services de renseignements, jamais été signalé pour radicalisation Mohamed Lahouaiej Bouhlel est né le 31 janvier 1985 à M’saken, dans la banlieue de Sousse, en Tunisie. Il avait épousé une Niçoise franco-tunisienne, dont il était séparé, et était père de trois enfants, dont un bébé. Le couple affichait des tenues vestimentaires occidentales, selon tous les témoignages recueillis par l’AFP. L’homme était connu de la justice pour des faits de violence. Il est décrit par ses anciens voisins comme taciturne et violent envers son ex-femme. Il ne fréquentait jamais la petite mosquée en contrebas de la cité où il vivait avec son épouse avant leur séparation et il « buvait des bières », selon les dires de plusieurs membres de l’Association cultuelle de Nice Nord. D’autres témoignages font état d’imprégnations alcooliques récurrentes. Que dira, sur ce point, la biologie ?

Nounours trucidé

L’homme souffrait à l’évidence de « problèmes psychologiques ». L’AFP et la BBC ont recueilli le témoignage de son père. « De 2002 à 2004, il a eu des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu’il trouvait devant lui », raconte  Mohamed Mondher Lahouaiej Bouhlel devant son domicile en Tunisie. Il raconte aussi que la famille avait alors emmené Mohamed Lahouaiej Bouhlel chez un médecin, qui lui avait prescrit des médicaments pour lutter contre ces crises nerveuses. Le père décrit son fils comme un homme « toujours seul, toujours déprimé », et qui ne voulait pas parler. « Il faisait des crises. Quand il s’est séparé de sa femme, il a déféqué partout, trucidé le nounours de sa fille à coups de poignard et lacéré les matelas », a témoigné un habitant de son ancienne barre d’immeuble Le Bretagne, où le tueur vivait au 12e étage.

Quel « médecin » ? Il s’agit du Dr. Chemceddine Hamouda qui exerce à Sousse et que l’on peut voir sur You Tube traiter de l’autisme.  Dans un entretien accordé à L’Express il donne de précieux éléments : Les voici :

« Je ne l’ai vu qu’une seule fois, en août 2004 [Il avait alors 19 ans]. Il était venu avec son papa parce qu’il avait des problèmes scolaires et d’adaptation familiale. C’est son père qui l’a forcé à venir me voir. Il ne comprenait pas pourquoi son fils, qui était jusqu’ici brillant, était devenu violent avec lui et n’arrivait plus à travailler à l’école. Il était en première classe préparatoire pour des études d’ingénieur. Mes souvenirs sont flous après 12 ans, mais je me rappelle qu’il était plutôt calme lors de la consultation (…) Il souffrait d’une altération de la réalité, du discernement et de troubles du comportement. Un début de psychose donc. J’avais remarqué qu’il était dur avec son père, il devenait parfois violent avec lui. En plus d’avoir décroché scolairement, il avait des problèmes avec son corps, il ne se sentait pas très beau et ressentait le besoin de faire de la musculation.

« Il n’est pas courant de poser un diagnostic de troubles psychotiques dès la première consultation. En général, il faut plutôt attendre deux ou trois entretiens. Je lui ai prescrit un traitement, un petit tranquillisant et un anti psychotique. Comme je ne l’ai plus jamais revu après, je me suis dit que j’étais peut-être à côté de la plaque: les signes étaient insidieux (…)  Il n’y avait rien dans son comportement qui laissait présager un tel massacre. De tels troubles non soignés pendant des années peuvent conduire à une schizophrénie. Mais je refuse catégoriquement l’idée qu’il puisse être irresponsable de son acte. Une telle violence nécessite forcément un endoctrinement, un délire de radicalisation  en parallèle de ses problèmes psychologiques. Ce n’est pas l’acte d’un fou, c’est un acte prémédité et exécuté. Il y a forcément eu une préparation mentale. »

Dans le Journal du Dimanche de ce 17 juillet on apprend que la nature de la première prescription, datée du 20 août 2004: Haldol®. L’ordonnance est établie au nom de Salmane Boublel, « un second prénom qu’il utilisait souvent ». Mohamed Lahouaiej Bouhlel a-t-il agi sur ordre ? Si oui d’où venaient-ils, ces ordres ?

A demain

 

 

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