Le meurtrier de Nice « mangeait du porc, buvait de l’alcool, consommait de la drogue et avait une vie sexuelle débridée » (Procureur)

 

Bonjour

Tuerie de Nice après une radicalisation ultra-rapide. Comment, ici, ne pas évoquer une dimension psychopathologique délirante aux conséquences tragiques ?

Après le ministre de l’Intérieur, le procureur de la République de Paris. Ce matin sur RTL Bernard Cazeneuve parlait d’un « individu déséquilibré ». Cet après-midi François Molins, lors d’une conférence de presse aux mots soupesés, a parlé (12 minutes) et complété, à sa façon, le tableau psychopathologique de l’auteur. Evoquant des personnalités « perturbées », il a donné des éléments lui permettant d’affirmer que l’acte meurtrier de Nice était « prémédité » et qu’il s’agissait bien d’un acte « terroriste » au sens de la définition juridique du droit pénal français : « qui a pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur »

Barbe de 8 jours

L’enquête a notamment permis de retracer une bonne partie de l’emploi du temps de Mohamed Lahouaiej Bouhlel les jours qui ont précédé l’attentat. Elle établit que l’homme avait fait des recherches sur trois précédentes attaques, celles commises Outre-Atlantique à Orlando et Dallas – ainsi que celle qui avait visé en France deux policiers, tués à leur domicile à Magnanville. L’ordinateur du meurtrier a également révélé que celui-ci avait fait plusieurs recherches sur des « accidents mortels ». Selon l’enquête, Mohamed Lahouaiej Bouhlel a contacté dès le 4 juillet la société de location du camion dont il s’est servi dix jours plus tard pour foncer sur la Promenade des Anglais. Le véhicule a été loué le 11 juillet à 8h30, a encore indiqué François Molins, qui a confirmé que Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait fait des repérages sur le lieu du drame la veille et l’avant-veille.

« Il ne pratiquait pas le religion musulmane, buvait de l’alcool, consommait de la drogue et avait une vie sexuelle débridée », a rapporté François Molins.  Il a ajouté : « Depuis huit jours, il s’était laissé pousser la barbe, expliquant que la signification était religieuse. Il ne comprenait pas pourquoi Daech ne pouvait pas prétendre à un territoire », en précisant que le tueur avait fait des « recherches quasi quotidiennes de sourates du Coran ».  Le Point.fr explique avoir eu accès à des éléments de l’audition de l’épouse en instance de divorce avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Elle a décrit son ex-mari comme quelqu’un d’athée, sans aucun lien avec la religion musulmane. Selon elle, il mangeait même du porc. Sa connaissance religieuse – et non sa pratique – se limitait à l’enseignement qu’il avait reçu en Tunisie dans sa jeunesse.

Psychose

Le dernier bilan, provisoire, fait état de 84 morts, de 74 blessés et de 28 personnes en réanimation – dont 19  avec pronostic vital engagé 

Aucun élément des investigations « ne démontre une allégeance » à Daesh ou « des liens avec des individus » de l’organisation terroriste. Dans Le Figaro de ce jour Gilles Kepel explique que l’État islamique « n’a même plus besoin de commanditer des attentats ».

«  Ce qui apparaît, c’est un petit délinquant aux antécédents psychiatriques lourds, condamné récemment après une altercation avec un automobiliste. Un type qui, encore une fois imprégné de cette atmosphère djihadiste qui circule sur le Net, a décidé de mettre en œuvre sa propre opération avec les moyens à sa disposition. En l’occurrence, un camion qu’il sait conduire de par sa profession de chauffeur-livreur. Une opération dont il se doute qu’elle est suicidaire, fin qui donne un aboutissement métaphysique, politique et planétaire à sa psychose.  (…) Et même le péché – boire, forniquer, voler – est effacé par le martyre rédempteur. »

Pour sa part François Molins ne dit rien d’autre. Il a précisé que dans de domaine les passages à l’acte pouvaient être « d’autant plus rapides que les personnalités étaient perturbées ». Si l’on retient cette hypothèse (hautement crédible), la rapidité de la radicalisation Mohamed Lahouaiej Bouhlel en dit long sur l’ampleur des perturbations psychopathologiques qui ont conduit à la tuerie du 14 juillet, à l’extrémité ensanglantée de la Baie des Anges.

A demain

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