Donald J. Trump ou la méchante histoire d’un nègre-plume et d’un porc avec rouge à lèvres

 

Bonjour

On y verra une basse vengeance, une petite mesquinerie bien tardive. Ou, peut-être mieux, un réflexe citoyen, une affaire de santé publique. Elle est racontée dans The New Yorker (‘’DONALD TRUMP’S GHOSTWRITER TELLS ALL’’) et sur LePoint.fr. C’est aussi la preuve par neuf que les auteurs doivent se méfier de leurs nègres comme de la peste.

Le nègre, la plume, c’est Tony Schwartz, un homme à qui Donald J. Trump doit (pour partie) en sa gloire. Nègre et plume Tony Schwartz est aussi maçon : il a construit, façonné, lustré et peaufiné le mythe Trump, ce cocktail imbuvable de dollars à foison et de désinhibition médiatique. Tony S. était l’auteur véritable du best-seller Trump, the Art of the Deal paru en 1987. « J’ai appliqué du rouge à lèvres à un cochon » dit-il aujourd’hui.

Masquer les tares

Il y a trente ans c’était l’amour, aujourd’hui la peur – et, plus que la haine, le ressentiment. En 1987 c’était le charismatique self-made-man, le dithyrambe, la romance appuyée. Il taisait les tares. Aujourd’hui le nègre-plume estime avoir aidé à la création d’un monstre. Frankenstein le vrai – Donald J. Trump ou le Prométhée américain /

Tony Schwartz deux siècles après Mary Shelley :

« Je pense sincèrement que si Trump gagne et obtient les codes nucléaires, il y a de grandes chances que cela entraîne la fin de notre civilisation. Il n’y a pas un Trump privé et un Trump public. […] Tout ce qu’il veut, c’est de la reconnaissance extérieure, toujours plus. »

« Les millions de personnes qui ont voté pour lui et croient qu’il représente leurs intérêts apprendront […] qu’il se fiche complètement d’eux (…) comme un gamin de maternelle qui ne peut pas rester tranquille en cours (…) incapable de méditer plus de quelques minutes sur un sujet qui ne concerne pas son auto-glorification.  Il a, plus que n’importe quelle autre personne que j’ai connue, cette capacité à se convaincre lui-même que tout ce qu’il dit est vrai, ou à moitié vrai, ou, au moins, devrait être vrai »,

« J’ai de profonds remords d’avoir contribué à faire de [lui] quelqu’un de plus attirant qu’il ne l’est réellement, et à lui avoir donné un public élargi (…) Il n’y a aucune façon de le réparer. »

Royalties

L’ex-journaliste avait empoché plusieurs millions de dollars de royalties après la publication du manuscrit. Contacté par le New Yorker  Donald J. Trump, 70 ans  juge quant « très déloyal » son ancien collaborateur qui n’était que le « coauteur », selon lui, d’un texte qu’il jure avoir écrit (ce que dément la maison d’édition).

Schwartz-Shelley aimerait aujourd’hui « racheter son âme ». Il  prévoit de verser sa part du gâteau à des ONG spécialisées dans la défense des personnes « dont Trump veut réduire les droits ». Il aimerait que l’on donne un nouveau titre à l’ouvrage : « Le Sociopathe ». Tout est dit. Mais rien n’est joué. Il n’est pas trop tard pour relire Frankenstein or, The Modern Prometheus. Surtout la fin.

Rappelons la trame : la création par un savant suisse, Victor Frankenstein, d’un être vivant assemblé avec des parties de chairs mortes, « le monstre », qui, doué de sensibilité, se venge d’être délaissé par son géniteur et persécuté par la société des humains.

A demain

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