Nouveaux déserts médicaux : on recherche généralistes et psychiatres français gay-friendly

 

Bonjour

Simple bon sens ou épine communautariste ? C’est une information relayée par Le Quotidien du Médecin (Stéphane Long). Il y a trois ans Stéphane Cola lançait le site divorce-gay.fr/  – une initiative qui avait retenu l’attention du Figaro. Dans l’ombre du mariage pour tous, l’auguste quotidien annonçait alors une suite médicale :

«  Mariage, adoption, filiation, mais aussi discrimination, ‘’quand on sait qu’on peut trouver un avocat gay-friendly, on est plus tenté de faire valoir ses droits’’, affirme Stéphane Cola. ‘’Ça rassure les homosexuels de parler avec quelqu’un qui les comprend, témoigne Me Florent Berdeaux-Gacogne. Ils se disent qu’on a plus d’outils pour réussir.’’ Spécialiste du droit de la famille, l’avocat raconte recevoir en ce moment des ‘’demandes classiques, mais avec des situations spécifique’’.

 « Depuis le vote de la loi Taubira, Me Berdeaux-Gacogne fait part d’une ‘’nette augmentation des dossiers d’homoparentalité’’. ‘’. Certains veulent sécuriser le lien avec l’enfant… d’autres l’absence de lien, rapporte-t-il. J’ai par exemple plusieurs dossiers en cours de couples de femmes qui craignent que l’homme qui leur a donné son sperme se découvre un jour un instinct paternel. Ou d’hommes qui veulent être sûrs que l’enfant ne viendra pas les chercher plus tard. Dans ces cas-là, que faire?  (…) »

C’est dans ce contexte que Stéphane Cola avait eu l’idée de recenser les « praticiens non seulement bienveillants à l’égard des gays mais surtout sensibilisés aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer». Une étude menée par l’association Aides et la Fédération française des centres LGBT montre que si 93 % des personnes interrogées déclarent avoir été bien accueillies par les soignants, 30 % des femmes et 27 % des hommes disent avoir eu peur de dire qu’ils étaient homosexuels ou bisexuels. ‘’Les médecins bienveillants pour les lesbiennes, pour l’instant, on se les refile entre nous … raconte Alice Coffin, du collectif Oui oui oui, qui défend l’ouverture à toutes et tous du mariage, de l’adoption et de la PMA. Pour ces gynécologues-là, il y a au moins deux ou trois mois d’attente!’’

Déserts de Bretagne

Le Figaro citait le cas d’un pédopsychiatre périnataliste (spécialiste des femmes enceintes et des hommes enceints), le Dr Luis Alvarez, qui s’occupe de nombreux cas de «nouvelles parentalités». Ces dernières années, il a ainsi été consulté par trois couples ayant effectué une GPA en Russie. «Ces enfants vont très bien!, tient-il d’abord à souligner. Mais leurs parents se posent beaucoup de questions, comme “Quelle est la part de la maman qui reste dans la mémoire du bébé?” L’aspect transgressif peut les perturber, tout comme des interrogations de type éthique. Mon rôle est de faire en sorte qu’ils puissent se positionner de manière constructive.»

Il y a trois ans, parlant des avocats et des médecins gay-friendly, Stéphane Cola décrivait « une France coupée en deux verticalement, la moitié ouest étant beaucoup moins bien couverte que l’est du pays ». « Pour l’instant, par exemple, on n’a personne en Bretagne… notait-il. Mais j’espère que d’ici la fin de l’année, on arrivera à couvrir tout le territoire.»

Trois ans plus tard le constat n’a guère varié.  « Rejoignez-nous ! » lance Stéphane Cola dans Le Quotidien. Seuls trois cents praticiens (dont un tiers de généralistes et un tiers de psychiatres) ont rejoint medecin-gay-friendly.fr« C’est très insuffisant, il nous en faudrait au moins dix fois plus, surtout des généralistes et des psychiatres » assure M. Cola, qui constate une demande croissante de la part des patients LGBT.

Les trois postulats

Qu’est-ce, au juste, qu’un médecin gay friendly ? « C’est un interlocuteur bienveillant devant lequel un patient gay pourra s’exprimer sans aucune retenue, sans crainte et en toute confiance ». Postulat n°1 : « Si on ne peut pas tout dire à son médecin, on ne peut pas être bien soigné ». Postulat n°2 : « Il est toujours difficile de raconter son intimité, encore plus lorsque vous êtes gay et que vous êtes culturellement programmé pour le dissimuler dans une société qui porte un regard parfois hostile sur l’homosexualité ».

Postulat n°3 : « Il n’y a pas plus d’homophobes parmi les professionnels de santé que partout ailleurs. Mais vous ne pouvez pas empêcher quelqu’un qui subit la discrimination dans sa vie de tous les jours de se protéger de cela. Il s’agit aussi d’éviter les déconvenues. Certains praticiens ne sont pas à l’aise avec la question de l’homosexualité, ils éprouvent de la gêne sur certains sujets. Dans ce cas, la relation médecin-patient n’est pas idéale. »

Question : Un patient doit-il forcément évoquer son homosexualité avec son médecin ? Réponse : «  La médecine est la même pour tous. Mais s’il s’agit de votre médecin traitant, qui va vous suivre toute votre vie, il y aura toujours un événement qui fera que le sujet devra être abordé ». Précision : medecin-gay-friendly.fr est totalement gratuit et garantit la confidentialité aux médecins inscrits. Sont-ils eux-mêmes gays ? Nul ne le sait.

A demain

 

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