Nouvelle tuerie : «attaque au couteau», 19 morts dans un centre japonais pour handicapés mentaux

 

Bonjour

Les nausées deviennent quotidiennes. Qui, cette fois, décryptera ?  Nous sommes aux antipodes du djihadisme, à l’ouest de Tokyo (Japon).  Mardi 26 juillet. Armé de plusieurs couteaux, un ancien employé d’un centre pour handicapés mentaux a tué 19 personnes et en a blessé 25.  Aux premières heures du matin Satoshi Uematsu, 26 ans, a brisé une vitre pour pénétrer dans le bâtiment. Selon la chaîne de télévision NTV il a ligoté des membres du personnel soignant avant de tuer. Peu après, il s’est rendu à la police. Les victimes : neuf hommes et dix femmes, âgés de 18 à 70 ans, ont précisé les pompiers à l’Agence France Presse. Les  blessés (certains, de « profondes blessures » au cou, selon un médecin) ont dû être transportés dans six hôpitaux différents

Couteaux de cuisine

« Les handicapés devraient tous disparaître », a-t-il déclaré, selon des propos cités par les médias japonais. « Il portait des couteaux de cuisine et d’autres types de lames tachées de sang », a expliqué Shinya Sakuma, un responsable de la préfecture de Kanagawa, lors d’une conférence de presse. Le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a déploré un « incident extrêmement tragique et choquant ».

Le centre pour handicapés mentaux est situé à Sagamihara, plus de 700 000 habitants à une cinquantaine de kilomètres de la capitale japonaise. Il s’agit du Tsukui Yamayuri-en, composé de deux édifices principaux hébergeant 150 personnes pour des séjours de longue durée et une dizaine de façon temporaire. Il comprend aussi une piscine et un gymnase. Le meurtrier travaillait jusqu’à il y a peu dans ce centre. Il l’avait quitté en février dernier pour des raisons encore inconnues. Selon NTV il avait été licencié et en gardait rancune. Des voisins du meurtrier font part de leur étonnement. « Il est très souriant et nous dit toujours bonjour, il semblait être un bon garçon, c’est incroyable », a assuré l’un d’entre eux, 73 ans. Selon la chaîne publique NHK, il étudiait pour devenir instituteur.

Archipel endeuillé

Faute de comprendre et dans l’attente de plus d’informations les médias généralistes occidentaux rappellent les tueries précédentes. Ils précisent que celui-ci  « apparaît comme l’un des plus sanglants au Japon depuis 1938, quand un homme muni d’une hache, d’un sabre et d’un fusil tua 30 personnes, avant de se donner la mort ». « Les tueries de masse sont rares au Japon, qui dispose d’une législation de contrôle des armes très stricte et d’un taux de criminalité relativement faible, précise l’AFP. Mais des déchaînements de violence aveugle et coups de folie meurtrière endeuillent occasionnellement l’archipel. »

En juin 2008, un homme de 28 ans, armé d’un couteau et au volant d’un camion, avait semé la panique dans le quartier électronique d’Akihabara à Tokyo, écrasant des piétons avant de poignarder des passants au hasard dans la foule avec une lame à double tranchant. Sept personnes avaient été tuées et dix blessées. Le meurtrier a été condamné à la peine capitale. Quelques années plus tôt, en juin 2001, un homme avait pénétré dans une école primaire d’Ikeda, une banlieue cossue d’Osaka, où il avait poignardé à mort huit enfants.

Il y avait aussi eu, « dans un autre registre », le 20 mars 1995, l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Des membres de la secte Vérité Suprême d’Aum  avaient alors tué treize personnes, en blessant gravement cinquante et causant des problèmes de vision à près d’un millier d’autres.

Le nocturne en plein jour

« Les handicapés devraient tous disparaître ». Qui, cette fois décryptera ?   Michel de Certeau en introduction de « La possession de Loudun » (Gallimard/Julliard):

« D’habitude l’étrange circule discrètement sous nos rues. Mais il suffit d’une crise pour que, de toutes parts, comme enflé par la crue, il remonte du sous-sol, soulève les couvercles qui fermaient les égouts et envahisse les caves, puis les villes. Que le nocturne débouche brutalement au grand jour, le fait surprend chaque fois ? Il révèle pourtant une existence d’en dessous, une résistance interne jamais réduite. Cette force à l’affût s’insinue dans les tensions de la société qu’elle menace. »

A demain

 

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