Overdoses à domicile : la naloxone intranasale Nalscue®mise à la disposition des toxicomanes

 

Bonjour

« Une bonne nouvelle pour sauver des vies dans cette période qui s’acharne à les massacrer » maile le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions. Une bonne nouvelle, fruit du travail des praticiens de terrain et de la Direction Générale de la Santé. Sans oublier l’Agence  nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui devrait l’annoncer sur son site dans la journée. Une bonne nouvelle dont ne parlera (sans doute) pas Marisol Touraine mais qui constitue bel et bien une étape marquante, à la fois pratique et symbolique, dans le champ des addictions à haut risque à court terme : les opioïdes et les overdoses. Une étape qui, trente ans plus tard entre en résonance avec l’initiative « seringues » d’une Michèle Barzach alors ministre de la Santé, à la fois de droite bien conseillée sur sa gauche.

Le sujet avait été évoqué lors de la mort du chanteur Prince, en avril dernier. Résumons : l’ANSM vient d’octroyer une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) pour un spray nasal contenant de la naloxone 1. Ce médicament est commercialisé sous le nom de Nalscue® (de la firme pharmaceutique spécialisée Indivior). Il est destiné « au traitement d’urgence des overdoses aux opioïdes, dans l’attente d’une prise en charge médicale, chez l’adulte et l’enfant ».

Délivrances réservées

Tout cela ne va pas sans grandes précautions.  Une « formation à son utilisation » constituera un « pré-requis indispensable avant sa délivrance ». Car cette naloxone « ne se substituera pas aux soins d’urgence dispensés par une structure médicale ». En d’autres termes les secours (15 ou 112) doivent être appelés immédiatement et systématiquement.

Comprendre que dans cette nouvelle « ATU de cohorte »  Nalscue® est soumis à des modalités de prescription, de dispensation, d’utilisation et de suivi particulières. Tout cela est décrit dans le Protocole d’utilisation thérapeutique et de recueil d’informations (PUT). Et encore :

« Les médecins exerçant en Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), en unité sanitaire en milieu pénitentiaire, en service d’addictologie , en service des urgences, ou dans tout autre service bénéficiant de l’intervention d’une équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA) à l’hôpital peuvent prescrire Nalscue®.

« La délivrance est réservée aux pharmaciens en charge de la dispensation dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) autorisées à rétrocéder, dans les CSAPA gérés par un établissement de santé disposant d’une PUI et dans les CSAPA membres d’un groupement de coopération sanitaire ayant mis en commun une PUI d’un établissement de santé. »

Vies à sauver

Des fiches pratiques seront mises à la disposition des professionnels de santé et du grand public. Il est essentiel que les personnes susceptibles d’utiliser Nalscue® aient reçues une formation sur les signes d’un surdosage aux opioïdes et le mode d’administration de Nalscue®. Et il est plus que recommandé que l’entourage reçoive les mêmes informations, soit par le patient lui-même, soit en participant également à la formation 2.

Prochaines étapes addicologiques-politiques : la primo-prescription de méthadone en ville, les nouveaux « kits experts » avec les filtres toupies,  la « régularisation » des prescriptions et dispensation des sulfates  de morphine. Dans le champ des addictions il est encore bien des vies à sauver.

A demain

1 La naloxone est le principal antagoniste des récepteurs de la morphine. Dans les cas d’intoxication aiguë aux morphiniques son administration permet de déplacer la morphine de ses sites récepteurs et d’arrêter son action. Elle permet ainsi de réveiller le sujet comateux (sauf en cas de poly-intoxication).

L’effet d’antidote est toutefois temporaire : un patient à qui l’on a administré de la naloxone doit toujours être gardé sous surveillance : la demi-vie de la naloxone est d’environ une heure alors que celle de la morphine ou de l’héroïne sont de deux à trois heures.

2  Les personnes directement concernée dans le cadre de cette ATU seront porteuses d’une carte indiquant leur nom, leur « numéro patient ». Y figurera le texte suivant :

 « Je suis inclus dans une ATU de cohorte Nalscue® (naloxone intranasale), indiqué chez l’adulte et l’enfant dans le traitement d’urgence des surdosages aux opioïdes. La naloxone est un antagoniste des récepteurs opioïdes. Ce médicament peut me sauver la vie en cas de surdosage aux opioïdes. Toute personne proche, (ami, famille) est en mesure de m’administrer ce médicament selon le schéma figurant dans la notice. Avant toute utilisation de Nalscue®, appeler le service d’urgence en composant le 15 ou le 112. Administrer une pulvérisation dans chaque narine (1 dispositif pour chaque narine). Après 3 à 5 minutes, en absence d’amélioration de la respiration ou de l’état d’éveil, administrer une pulvérisation dans chaque narine avec deux nouveaux dispositifs. Il est important de prévenir mon médecin qui m’a prescrit ce médicament et qui assure mon suivi. Ses coordonnées sont au verso de cette carte. »

 

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