L’histoire du journaliste à moitié français qui voulait prendre le pouls de catholiques terrorisés

 

Bonjour

« La France est en guerre » vient de redire Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense par ailleurs président du Conseil régional de Bretagne. C’était cinq jours après l’assassinat du père Jacques Hamel par deux terroristes dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray. Un correspondant de presse, un localier,  travaillant pour le journal Ouest-France dans le riant département de la Loire-Atlantique se rend dans l’église Saint-Nicolas de Châteaubriant – une superbe église bretonne.

Nous sommes le dimanche 31 juillet lors de la messe de 10 h 30. Ce journaliste entend « prendre le pouls de la communauté catholique ». La veille, il a interviewé le prêtre de la paroisse Sainte Croix, Patrice Eon. Un prêtre moderne et un  correspondant « Franco-Marocain » âgé de 46 ans qui collabore avec Ouest-France depuis six mois déjà. C’est Ouest-France (Jérôme Bezannier) qui, hier, racontait la suite de l’histoire.

Le téléphone du paroissien

« Il est 10 h 30, on compte plusieurs centaines de fidèles à Saint-Nicolas. Notre correspondant se tient debout, sur le côté, quand deux femmes gendarmes s’avancent vers lui. « Elles m’ont demandé si c’étaient mon sac et mon casque qui étaient au sol, raconte notre collaborateur. J’ai répondu oui et elles m’ont demandé de les suivre à l’extérieur. »

« Entre-temps, un paroissien avait téléphoné à la gendarmerie pour signaler qu’un homme jugé « suspect » se trouvait dans l’église. Ce fidèle n’a sans doute pas anticipé « le sentiment d’humiliation » qu’allait ressentir notre correspondant, obligé de quitter Saint-Nicolas encadré par deux gendarmes, à la vue de tous.

Hier après-midi, il était encore peiné mais « debout » : « C’est tombé sur moi mais je pardonne. La peur n’est pas quelque chose de raisonné. Ce qui s’est passé servira peut-être de leçon et permettra à chacun d’être plus prudent et moins jugeant afin que ça ne se reproduise plus. »

Parler sur le parvis

À la fin de la célébration, le maire de Châteaubriant et des paroissiens, stupéfaits, sont restés discuter avec lui, sur le parvis de l’édifice, pour le réconforter.

Le père Patrice Éon s’interroge sur la Toile : « Va-t-on se mettre à suspecter tout visage nouveau qui entre dans notre assemblée sous prétexte que nous ne le connaissons pas ? Je sais que le climat est à la peur, mais justement, parce que le climat est à la peur, il faut raison garder ! L’église est un sanctuaire, un lieu sacré, un lieu où l’hospitalité est sacrée. Au nom de toute la communauté chrétienne, je demande pardon au correspondant local d’Ouest-France pour ce qu’il lui est arrivé dimanche. »

Ouest-France fait de même : le journal « apporte son soutien et témoigne son affection à cet homme sensible et tolérant ». Le plus grand quotidien régional de France ajoute : « il faut aussi saluer l’attitude des gendarmes, qui se sont confondues en excuses avant que notre correspondant ne puisse à nouveau entrer dans l’église, avec son casque et son sac, montrant que son « intégrité » et sa « dignité » étaient préservées.  Que serait la seconde sans la première ?

Où l’on voit que nous sommes en Bretagne. Et que nous sommes en guerre.

A demain

 

 

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