Allergies et religions : les Amish vont-ils commercialiser les poussières de leurs étables ?

 

Bonjour

C’est une étude peu banale que publie aujourd’hui le prestigieux New England Journal of Medicine : “Innate Immunity and Asthma Risk in Amish and Hutterite Farm Children”. Une étude originale associée, qui plus est, à un éditorial : « Innate Immunity in Asthma » signé  du Dr Talal A. Chatila, du nom moins prestigieux Boston Children’s Hospital. Une affaire aussitôt reprise par The New York Times: “Health Secrets of the Amish”.

Ce travail suggère, en substance, que les poussières présentes dans les maisons amish aideraient à développer le système immunitaire des enfants de ces communautés qui, on le sait, vivent à l’écart de la société moderne. Et ce qui vaut pour les Amish ne vaut pas pour les Hutterites.

Cette hypothèse prend racine dans un constat immunologique et épidémiologique : grandir dans une ferme peut, ou pas, protéger contre l’asthme. Un constat né des comparaisons entre deux communautés assez semblables : des Amish vivant dans l’Indiana et des Hutterites résidant dans le Dakota du Sud. Les deux groupes sont d’origine européenne et possèdent des patrimoines génétiques assez  similaires. Ils partagent aussi (rien à voir, a priori, avec la génétique) des croyances religieuses de type protestant-anabaptiste. Toutefois les Amish exploitent des fermes familiales où les enfants jouent pieds nus à proximité des étables, tandis que les Hutterites utilisent des outils agricoles plus modernes et sont moins étroitement en contact avec leur bétail.

Pieds nus près des étables

L’étude a porté sur trente enfants Amish âgés de 7 à 14 ans : pas un seul ne souffrait d’asthme. Or, dans la communauté hutterite, ils étaient six sur trente à en souffrir. Des analyses biologiques  ont établi les bases immunitaires cellulaires permettant de dire qu’il n’y avait là aucun hasard. L’étude ne tranche pas quant à la fatalité ou à la prédétermination, deux concepts assez éloignés de la rigueur de Boston et du New England.

Ce n’est pas tout. Les auteurs de l’étude ont également mené des tests assez sophistiqué sur les poussières présentes  à l’intérieur des maisons des deux communautés. Dans le cas des Hutterites, la poussière provoquait chez des souris des difficultés respiratoires, à la différence, notable, des poussières des Amish.  Et ce travail établit que les poussières des Amish contiendraient un germe  issu de vaches laitières ; c’est l’exposition chronique à ce germe bovin qui renforcerait le système immunitaire enfantin. Au final les foyers des Amish seraient, du fait de la proximité des étables et des absences de chaussures, protégés des risques allergiques et asthmatiques.

Reste que l’échantillon étudié est de bien petite taille et que le germe n’a pas (encore) été identifié. Les auteurs (en partie financés par la St Vincent Foundation) espèrent qu’à terme, leur découverte pourrait contribuer à lutter contre l’asthme et les allergies des enfants qui ne connaissent pas le bonheur de vivre pieds nus près des étables.

A demain

 

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