Aimeriez-vous connaître l’été du « plus médiatique des urgentistes-journalistes » ?

 

Bonjour

L’été… l’AP-HP… les vacances… la médecine… le journalisme…  le pouvoir…. l’adrénaline. Merci à Egora (Sandy Berrebi-Bonin) qui a recueilli ce témoignage que nous reproduisons in extenso.

L’Urgentiste

« Aujourd’hui ma journée a débuté vers 7h. Je suis parti au Samu pour être en place à 7h45. Je suis en SMUR jusqu’à 18h et après je ferai la garde de nuit jusqu’à demain matin 8h.

Ce matin j’ai commencé par négocier avec une dame qui voulait se défenestrer du 16ème étage. J’ai passé une heure à essayer de la convaincre de ne pas sauter. Pendant que je lui parlais, l’équipe d’intervention des pompiers a pu la neutraliser avant qu’elle se projette dans le vide. On a donc pu la sauver et on l’a emmené en psychiatrie. C’était une femme sympa. Ça aurait été con qu’elle se jette dans le vide.

Après, il y a eu une bonne nouvelle. La jeune fille de 15 ans que les parents avaient envoyé dans une école coranique au Sénégal et qui avait été violée las bas, a pu être rapatriée. On a réussi à la faire revenir ce matin. Elle est hospitalisée et suivie par des pédopsychiatres. C’est bien, on a fait du bon boulot. Le cumul ce matin de ces deux cas était un peu rock’n’roll mais ça prouve que l’on a un système qui marche.

Le midi, je prends une pause déjeuner mais c’est vraiment pas bon à l’AP-HP alors je ne mange que des sandwichs. On a des à-côtés sur le travail qui ne sont pas extraordinaires mais on a du travail, alors on ne va pas se plaindre. En début d’après-midi, on a revu le dispositif en cas d’attentat sur Paris pour être sûrs d’être opérationnel. Il a fallu  réadapter le dispositif à cause des vacances. On travaille vraiment main dans la main sur ce sujet avec la direction de l’AP-HP. »

Le Journaliste

J’ai quitté Charlie Hebdo en janvier. C’est quelque chose qui me manque beaucoup. Ce qu’il y a de plus passionnant dans le métier de journaliste, c’est la répétition des choses chaque semaine. Au-delà de regretter d’être parti, je regrette l’attentat, je regrette mes amis assassinés. J’aime ce journal mais je ne pouvais pas continuer à écrire dans Charlie dans de telles circonstances. J’aimerais bien continuer à écrire.

Quand je ne suis pas au SAMU, j’essaie de lire beaucoup et de voir mes amis. Je vais au théâtre. J’adore les brasseries, les cafés et les bars à vins. Je suis très parisien, j’aime aussi énormément me balader dans Paris. Je fais également beaucoup de yoga. Ça m’a considérablement aidé après les attentats.

A cause des attentats, j’ai de gros troubles du sommeil. C’est très compliqué. Je dors maximum 4h par nuit, et quand j’y parviens c’est déjà beaucoup. Quand d’autres attaques surviennent, cela réactive le traumatisme. C’est complexe parce que je travaille là-dedans, donc je suis confronté à cela tout le temps. Du coup,  je suis complétement impliqué dans la gestion des dispositifs, des risques… J’essaie d’aider le plus possible ou d’être là. L’attentat de Nice…par exemple m’a bouleversé. A chaque fois ça réactive mes troubles du sommeil mais aussi une grande volonté de me battre pour que le système soit le plus efficace possible en cas d’attentat.

Changer de métier?

Je ne me vois pas faire autre chose. Je m’ennuierais. Il y a déjà beaucoup de malheur dans ma vie. Quitter mon métier en surajouterais. J’aime mon travail et je suis bien dedans. Je suis né pour être dans ce mouvement perpétuel de l’urgence et de la gestion des risques. »

Pendant les vacances, mon travail à l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) est un peu plus calme. On va préparer une journée sur la laïcité à l’hôpital fin septembre. Il va falloir travailler dessus. Il y a aussi les dossiers des collègues qui sont en difficulté. On surveille beaucoup l’application du protocole du 22 décembre 2014 sur le plan de travail.

La période d’été est aussi propice pour rencontrer les gens du ministère et de l’Assistance Publique que l’on voit généralement en coup de vent de manière à travailler les dossiers plus en profondeur. »

A demain

2 réflexions sur “Aimeriez-vous connaître l’été du « plus médiatique des urgentistes-journalistes » ?

  1. « Il y a beaucoup de malheur dans ma vie, quitter mon métier en surajouterait » …Perdre son métier ne fait qu’aggraver les difficultés …Dès lors que dire des procédés utilisés dans les hôpitaux pour pousser à la démission ?Au CHU de Toulouse épreuves et drames personnels relatés imprudemment dans les entretiens d’évaluation peuvent être mis à profit pour pousser à la démission ,loin de l’hôpital voué au profit …Et que dire du comportement des équipes colaborant par leur silence à la mise à mort de collègues de travail comme dans le service auquel le professeur Jean-Louis MEGNIEN a été fidèle ?prendre son travail à un soignant réellement investi c’est mettre sa vie en danger …

  2. Tous mes remerciements également à Egora.fr …en particulier à mademoiselle ou madame Aline BRILLU …Nous avons besoin d’eux à présent pour relayer la série noire au CHU de Toulouse …tenter désespérément d’éviter d’autres drames …

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