Dépakine® : Le Canard Enchaîné accuse le ministère de la Santé qui affirme ne rien cacher.

 

Bonjour

Marisol Touraine ne sortira pas de son silence estival. Elle ne réagira pas à l’édition de demain 10 août du Canard Enchaîné. Selon l’hebdomadaire satirique, vieux lanceur d’alerte, plus de 10 000 femmes enceintes auraient, en France, été sous  Dépakine® entre 2007 et 2014. Le Canard précise que ce chiffre figure dans une étude « alarmante » menée conjointement par l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAMTS) – une sorte de réplique de ce qui avait mis le feu aux poudres dans l’affaire du Médiator®

La Dépakine® (valproate de sodium) est connue depuis une trentaine d’années déjà pour exposer à un risque de malformations congénitales dès lors que ce médicament est prescrit chez des femmes enceintes. La dernière alerte actualisée de l’ANSM sur ce sujet date de mai 2015.  Utilisée pour prévenir les crises épileptiques (aux conséquences dangereuses chez les femmes enceintes), la Dépakine® est commercialisée en France par la multinationale Sanofi depuis 1967. Elle l’est aussi sous d’autres noms commerciaux (Dépakote®, Dépamide®, Micropakine® et génériques).

Rapport de l’IGAS publié

Les dernières informations officielles relatives à ce dossier datent de février dernier.  Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait alors été rendu public par le Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé. On trouvera ce rapport ici : « Enquête relative aux spécialités pharmaceutiques contenant du valproate de sodium ». Ce rapport avait été demandé en juin 2015 par Marisol Touraine.

Selon l’IGAS la prise de Dépakine® par des femmes enceinte peut, avec le recul, être associée à au moins quatre-cent cinquante cas de malformations congénitales à la naissance. En extrapolant des données obtenues dans la région Rhône-Alpes à la France entière, « ce sont entre 425 et 450 cas de naissances d’enfants vivants ou mort-nés exposés in utero au valproate entre 2006 et 2014 qui sont porteurs de malformations congénitales », indiquait l’IGAS.

L’Inspection précisait aussi que les prescriptions de valproate chez les femmes en âge de procréer (15-49 ans) ont baissé de 25 % entre 2006 et 2014 (leur nombre est passé de 125 000 en 2006 à 93 000 en 2014, dont 56 000 traitées pour des troubles bipolaires). Il faudra attendre le mois de mai pour avoir une « mesure plus précise de l’impact des prescriptions de valproate sur la descendance des femmes exposées », précisait encore  l’IGAS.

Langue de bois

Dans son rapport, l’IGAS dénonçait aussi  l’« inertie » des autorités sanitaires françaises et du laboratoire Sanofi :

 « Le constat de la mission est celui d’un manque de réactivité des autorités sanitaires et de celui du principal titulaire de l’autorisation de mise sur le marché [le groupe Sanofi-Aventis]. Les alertes ont, au plan français et européen, motivées d’avantage par des signaux exogènes, notamment médiatiques, que par une prise en compte des données de pharmacovigilance et des publications scientifiques ».

« Terrible langue de bois » écrivions-nous en février.  Pourquoi ne pas dire, plus précisément, quels sont les responsables de cette faute ? Et pourquoi ne pas détailler le travail de certains médias (Le Figaro notamment) qui, en alertant comme ils l’ont fait, ont réussi in fine à pallier une forme d’incurie des autorités publiques. Selon Le Figaro le ministère de la Santé envisageait alors la mise en place d’un fonds d’indemnisation pour les victimes.

Et maintenant ?

Selon Le Canard Enchaîné  la première partie de l’étude médicament « ANSM-CNAMTS » aurait été communiquée au ministère de la Santé « dès la mi-juillet », mais « soigneusement cachée aux familles». Or cette dernière affirmation est d’ores et déjà démentie par le ministère de la Santé qui précise que « le premier volet » de l’étude sera présenté à l’Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’Anti-Convulsivant (Apesac) le 24 août prochain.

Le ministère  n’a pas souhaité commenter les chiffres publiés par le Canard. « Le ministère étudiera, en lien avec cette association représentative des familles avec laquelle il travaille étroitement, les mesures qu’il apparaîtra nécessaire de mettre en œuvre », précise-t-on avenue de Ségur. Le ministère  ajoute que l’étude et « le plan d’action qui sera établi sur cette base » seront rendus publics début septembre.

Rien, en somme, ne devrait être caché aux familles concernées. La garantie en est donnée par une très bonne source du ministère de la Santé. Cette information aura simplement, grâce au Canard Enchaîné, été avancée.

A demain

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