Jacqueline Sauvage restera en prison, victime impuissante d’une trop grande médiatisation

 

Bonsoir

Feu de paille dans la classe politique : le haut du pavé et l’arrière-ban pleure, s’émeut et condamne la justice. D’Alain Juppé à jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ? Parce que Jacqueline Sauvage restera quelques mois encore en prison. L’affaire Jacqueline Sauvage, du nom de cette femme devenue symbole à son corps défendant.

La procureure de Melun, Béatrice Angelelli, a annoncé ce vendredi 12 août que le tribunal d’application des peines (TAP) de Melun (Seine-et-Marne) venait de rejeter la demande de libération conditionnelle de cette femme  condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari – et partiellement graciée par François Hollande en janvier.

Nécessaire introspection

Le parquet, qui avait pris des réquisitions favorables à la remise en liberté de cette femme de 68 ans victime de violences conjugales,  fera appel.

Cette décision largement commentée dans les médias est, une fois encore, une mise en abyme : le TAP de Melun a en effet notamment jugé que la médiatisation  de l’affaire Jacqueline Sauvage ne permettait pas l’introspection nécessaire à la prise de conscience de son acte. Dans la motivation de sa décision (dont un extrait a été tweeté par Me Eric Morain, avocat au barreau de Paris) le tribunal relève ceci :

 « L’importante médiatisation de son affaire rend difficile une authentique démarche de réflexion pour Mme Sauvage, qui est encouragée à se cantonner dans un positionnement exclusif de victime ».

Il faut ici se souvenir que la nouvelle condamnation (en appel) de la sexagénaire en décembre 2015 avait  suscité une vague de mobilisation, et la demande de grâce présidentielle formulée par ses filles avait été appuyée par de nombreux parlementaires et personnalités. Une pétition intitulée « Libérez Jacqueline ! » avait recueilli 400 000 signatures.

Au début du mois de février dernier, peu après l’annonce de sa grâce présidentielle partielle par François Hollande, Jacqueline Sauvage avait été transférée à la prison de Réau pour y subir une expertise psychologique et médicale afin de procéder à une évaluation de sa « dangerosité ». La commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (où siègent notamment le préfet du département et un bâtonnier) avait émis un « avis défavorable ».

Position victimaire

Les ondes médiatiques résonnent depuis quelques heures de lire de la défense qui a convoqué la presse.

« Ce qui ressort de la décision [de rejeter sa demande de libération conditionnelle], c’est qu’il lui est reproché de ne pas avoir confirmé qu’elle avait finalement choisi de commettre ces faits, commentent les avocates de la condamnée, Mes Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Il est précisé qu’elle ne peut prétendre vivre à proximité des lieux des faits, dans un environnement qui compte tenu des soutiens dont elle bénéficie risquerait de la maintenir dans une position victimaire. »

Violentes, ces deux avocates se disent « choquées » et jugent « incompréhensible » le rejet de la demande de libération conditionnelle. Elles accusent et condamnent, estimant qu’il s’agit « d’une décision politique de la part des magistrats » qui n’auraient pas goûté la grâce partielle accordée par le pouvoir exécutif. Ces avocates, ces responsables politiques mesurent-ils les conséquences de leurs dires ?

Il fut un temps, pas si lointain, où une règle (non écrite) interdisait aux journalistes de commenter une décision de justice.

A demain

3 réflexions sur “Jacqueline Sauvage restera en prison, victime impuissante d’une trop grande médiatisation

  1. Violence et virulence des avocates. En effet. De notre côté ne connaissant pas le fond du dossier difficile de se prononcer sur icelui.
    On note que le Président de la République a dû lui en avoir connaissance et que le caractère partiel de la grâce en découle sûrement.
    Ces avocates sont peut-être d’autant plus virulentes que leur cliente paye leur incompétence. Comme pour l’affaire du sang contaminé ou le choix d’accuser d’empoisonnement était voué à l’échec et donc à la frustration. Qui trop embrasse mal étreint.

    D’un autre côté (En novlangue modernoïde on dit « en même temps » mais je ne m’y fais pas), les mots du tribunal sont étranges, sont ils sortis d’uncontexte qui les éclairerait ?
    « « L’importante médiatisation de son affaire rend difficile une authentique démarche de réflexion pour Mme Sauvage, qui est encouragée à se cantonner dans un positionnement exclusif de victime ». »
    Ce que le tribunal reproche ce n’est pas à Mme Sauvage qu’il le reproche mais c’est elle qui en pâtit. Curieux non ?

  2. Oui et si c’est cela le fondement de la décision du tribunal, dans cette affaire on à le choc de la bêtise irresponsable contre l’hystérie inconséquente.
    Et qui trinque ?

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