«Mer Méditerranée. Baignades mixtes autorisées. Bikinis acceptés. Burkinis interdits »

Bonjour

Le mot n’est jamais prononcé : burkini. Officiellement s’entend. Comme s’il fallait ne pas, surtout pas,  dire de quoi il retourne. Noyer le poisson dans l’eau du droit.

« Un vêtement de bain destiné aux femmes musulmanes qui veulent profiter de la plage et de la baignade en conformité avec leur interprétation des préceptes de l’islam.

« Le mot est un substantif nominal masculin, composé de l’ajout à « burq » — de « burqa » avec le retrait de la dernière lettre — du suffixe « -kini » que l’on retrouve dans d’autres mots comme « bikini », « mono-kini ». Contrairement à la burka dont est issue l’étymologie, le burquini ne couvre pas le visage.

« Le burquini est un maillot « intégral », en deux pièces, couvrant tout le corps de la tête aux chevilles. Seuls restent visibles les pieds, les mains et le visage. Conçu en Australie par Aheda Zanetti, styliste d’origine libanaise, ce « maillot » a été approuvé par le grand muft  d’Australie, le cheikh Taj Aldin al-Hilali. »

Santé publique

En France le règlement intérieur des piscines publiques  interdit la baignade avec des vêtements qui pourraient être incompatibles avec les règles d’hygiène et de santé publique (ne pas se baigner avec un vêtement dont on ne sait combien de temps il a été porté). Au même titre que les shorts ou les bermudas, le burquini n’est donc pas autorisé dans les piscines publiques françaises.

Jusqu’ici la question ne se posait pas pour la baignade en mer. Tel n’est plus désormais le cas.

Le juge des référés du tribunal administratif de Nice a validé, samedi 13 août, l’arrêté municipal interdisant le port de vêtements religieux sur les plages de Cannes. Une disposition contestée par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). L’ordonnance de référé précise que cet arrêté pris le 28 juillet par David Lisnard, maire (Les Républicains) Cannes, respecte « les dispositions de l’article 1er de la Constitution aux termes desquelles [“la France est une république laïque”], qui interdisent à quiconque de se prévaloir de ses croyances religieuses pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre collectivités publiques et particuliers ».

Carte grise

« Dans le contexte d’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice il y a un mois, le port d’une tenue vestimentaire distinctive, autre que celle d’une tenue habituelle de bain, peut en effet être interprétée comme n’étant pas, dans ce contexte, qu’un simple signe de religiosité ».

Toute infraction fera l’objet d’un procès-verbal et sera punie de l’amende de 1re catégorie, soit 38 euros (stationnement interdit, feux de position non-conformes, non-présentation immédiate du permis de conduire ou de la carte grise…)

Pour Me Sefen Guez, avocat du CCIF, « cette décision ouvre la porte à l’interdiction de tout signe religieux dans l’espace public ».  Et c’est ainsi que l’on parlera bientôt du birkini à Paris, place du Palais Royal, siège du Conseil d’Etat.

 Ostentation et allégeance

« Il ne s’agit pas d’interdire le port de signes religieux à la plage », a déclaré dit à l’AFP  Thierry Migoule, directeur général des services de la Ville de Cannes, à propos de cet arrêté. Il évoque néanmoins le fait de vouloir prohiber « les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».

Après Cannes, le 28 juillet une autre commune des Alpes-Maritimes, Villeneuve-Loubet a pris à son tour un arrêté interdisant la baignade en burkini. Son auteur est Lionnel Luca, député et maire (Les Républicains, LR) de la ville.

« On m’a signalé sur l’une de nos plages un couple dont l’épouse se baignait habillée, explique Lionnel Luca, et j’ai considéré que cela n’avait pas lieu d’être pour des raisons d’hygiène et que cela était malvenu compte tenu du contexte général. »

Coquillages et crustacés

Affichant sa volonté « d’éviter tout trouble à l’ordre public dans une région marquée par les attentats », M. Luca réfute toute accusation de discrimination. « La République, ce n’est pas venir à la plage habillé en affichant ses convictions religieuses, d’autant que ce sont de fausses convictions, car la religion ne demande rien » en la matière, argue-t-il. Ne rien demander n’est-ce pas précisément tout exiger ?

Lionel Luca est  l’une des principales figures française de la Droite populaire.  Sans revenir au « sous-préfet aux champs » il serait judicieux qu’avant la fin de l’été, coquillages et crustacés, M. Luca nous brosse un tableau représentant, habillée,  la République descendant à la plage.

A demain

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