Burkini : l’épidémie a touché le Cap Corse. Emmanuel Macron sourit à un naturiste de Biarritz

 

Bonjour

Avant-hier Cannes, hier Villeneuve-Loubet, aujourd’hui Sisco, non loin de Bastia.  Ange-Pierre Vivoni, maire socialiste de Sisco (Haute-Corse), vient lui aussi de prendre un arrêté interdisant le burkini sur les plages de sa commune, après les incidents violents du dernier week-end. On peut entendre M. Vivoni ici.

Le maire de Sisco a réuni dimanche soir un conseil municipal extraordinaire, au lendemain d’une violente rixe entre jeunes corses et d’autres d’origine maghrébine qui a fait cinq blessés. Selon des témoins, la « violente rixe » a éclaté quand plusieurs familles musulmanes se baignant dans une crique près du village de Sisco furent prises en photo – par des touristes dit-on.

L’arrêté de Sisco se fonde sur deux arrêtés similaires : celui de la mairie de Cannes, validé par la justice administrative, et celui de Villeneuve-Loubet, pris à la suite du premier. Dans les deux cas par des maires Les Républicains.

Que s’est-il passé à Sisco ? Une enquête de flagrance « pour violence en réunion » a été ouverte pour « établir l’origine » des faits de samedi, indique le parquet de Bastia. LePoint.fr précisait, dans la soirée du 15 août, que les autorités peinaient encore à faire toute la lumière sur les événements survenus dans une crique à la sortie de cette  petite station balnéaire. Les protagonistes : de jeunes Corses et des familles d’origine maghrébine résidant à Lupino, un quartier « populaire et métissé » du sud de Bastia.

Différend à « Scalu Vechju » 

Dans un laconique communiqué, diffusé ce dimanche après-midi, le parquet de Bastia se borne à faire état d’un « différend qui a éclaté entre une dizaine de personnes de trois familles, d’origine maghrébine, et des jeunes de la région de Sisco qui ont reçu le renfort de proches ». Le Point (Julian Mattei) :

« Mais si la voix officielle attend les conclusions de l’enquête de la section de recherches de la gendarmerie pour se prononcer sur les circonstances des affrontements, les témoins de la scène sont, eux, bien plus diserts. À l’origine des heurts, selon plusieurs témoignages concordants, un « accrochage » entre trois familles musulmanes et des touristes qui profitaient de leur passage dans la marine de Sisco pour photographier la crique dite de « Scalu Vechju », très fréquentée par les locaux.

Trois véhicules automobiles incendiés, un feu de végétation, rapidement circonscrit,  un dispositif de police et de gendarmerie  d’« une centaine d’hommes », trois familles « exfiltrées » par les forces de l’ordre. Pas suffisant pour faire redescendre la tension. Puis plusieurs centaines de personnes réunies devant la mairie de Bastia puis devant la préfecture de la Haute-Corse. Et différents symptômes locorégionaux qui montrent que l’abcès est loin d’être vidé.

Edwy Plenel et Paris Match

Sans parler des « réseaux sociaux », où l’on appelle à de nouveaux rassemblements-affrontements.

David Lisnard (Les Républicains) : « J’ai pris cet arrêté parmi tant d’autres pour assurer la sécurité de ma ville dans un contexte d’état d’urgence (…) On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrémisme islamiste. »

Le tribunal administratif de Nice :

« Dans le contexte de l’état d’urgence et des récents attentats islamistes survenus notamment à Nice (…) la forme de tenues de plage affichant leur religion (…) sont de nature à créer ou exacerber des tensions (…) et un risque de trouble à l’ordre public (…) Le port d’une tenue vestimentaire distinctive (…) peut en effet être interprétée comme n’étant pas (…) qu’un simple signe de religiosité. » 

Edwy Plenel (Mediapart) : « Un vêtement comme les autres » :

« (…) on peut rencontrer, en feuilletant Paris Match de cette semaine, un homme nu se promenant sur une plage non naturiste de Biarritz qui, croisant Emmanuel Macron et son épouse, les salue, salut que le ministre lui rend avec le sourire. Mais les mêmes qui s’alarment des tenues de plage couvrantes de musulmanes ne se sont pas émus de cette transgression exactement opposée (…). »

Aucune femme burquinisée à la plage n’a, jusqu’à présent, été placée sous le joug des nouveaux arrêtés municipaux qui interdisent ce vêtement sans jamais utiliser ce mot.

A demain

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