Cannabis et réussite scolaire : l’Etat dit non la recherche de la drogue dans la salive des lycéens

 

Bonjour

Il est des affaires mal engagées dont on se dit qu’elles feront long feu. Ainsi Valérie Pécresse, 48 ans, embarquée dans une abracadabrante histoire de « plan antidrogue » fondé sur des tests salivaires de détection du cannabis dans les lycées de la région Île-de-France – région que cette femme politiquement de droite préside.

L’histoire avait commencé en mai dernier. Promis en 2015 par la candidate Les Républicains, adopté par le conseil régional (la droite a voté pour, la gauche contre, le FN s’est abstenu) le plan «pour des lycées sans drogues et sans addiction» vient d’être retoqué cet été par Jean-François Carenco, préfet de la région Île-de-France. Dans une lettre adressée le 4 juillet à Valérie Pécresse, le préfet explique que la région outrepasse ses prérogatives dans le domaine sanitaire et social. «Prétexte fallacieux, estime-t-on dans l’entourage de Valérie Pécresse, cité par Le Figaro (Caroline Beyer). Le gouvernement est dans un double déni, non seulement démocratique, mais aussi un déni vis-à-vis des phénomènes d’addiction et de décrochage scolaire.»

Camarades non fumeurs

Très bien informé Le Figaro ajoute que dans une réponse au préfet datée du 20 juillet  Mme Pécresse s’étonne que «depuis dix-sept ans de gestion de gauche» les politiques éducatives mises en œuvre dans les lycées n’aient jamais été remises en cause par l’État, alors même que cette action comprend «de nombreuses interventions de prévention en matière de santé des jeunes». La présidente du conseil régional explique (une nouvelle fois)  que son projet « antidrogue » vise (aussi) à lutter contre le décrochage scolaire.

Évoquant un «double défi scolaire et sanitaire», elle rappelle les résultats d’une étude publiée dans The Lancet Psychiatry  en 2014 : Young adult sequelae of adolescent cannabis use: an integrative analysis”  – une étude selon laquelle les jeunes qui consomment du cannabis ont de risques supplémentaires d’échec scolaire par rapport à leurs camarades qui n’en fument pas. Une étude dont Le Figaro avait alors parlé ; une étude qui avait été vivement critiquée, notamment par Avner Bar-Hen, professeur de statistiques à l’université Paris-Descartes.

Abus précoce de THC

Addictologique l’affaire est devenue amplement politique. Le programme des tests salivaires défendu ces dernières années (par des ténors comme Jean-François Copé et Éric Ciotti) est largement critiqué  à gauche. «Un dispositif tout-répressif et stigmatisant qui traite chaque jeune comme un délinquant en puissance», dénonce le groupe socialiste et apparentés du conseil régional d’Île-de-France. «Une proposition à l’efficacité douteuse», selon le Premier ministre, Manuel Valls. Principal syndicat de chefs d’établissement, le SNPDEN-Unsa s’est quant à lui montré sceptique quant à la faisabilité et l’efficacité de tels tests en termes de prévention. 1

Le Figaro cite encore Valérie Piau, avocate spécialisée dans le droit de l’éducation. Selon elle de tels tests touchent à la liberté individuelle et à l’intégrité physique d’élèves – des mineurs qui plus est, mêem si leur scolarité a été retardée par l’abus précoce de THC.

La question a commencé à se poser avec acuité dans les années 2000, dans le secteur de BTP confronté à d’importants enjeux de sécurité. Et si les inspections du travail se sont d’abord opposées à ces tests, au nom de la liberté des personnes, elles sont de moins en moins nombreuses à le faire, explique Laurent Gamet, avocat spécialiste du droit du travail. Saisi de plusieurs recours, le Conseil d’État est appelé à se prononcer d’ici à un an sur le sujet. Soit bien après s’être prononcé sur la légitimité des interdits, sur le sable,  du burkini, chiffon rouge estival qui fait tomber le voile.

A demain

1 On observera que Benoît Hamon, ancien ministre de l’Education nationale et candidat à être candidat socialiste à la présidence de la République  propose  de légaliser le cannabis, avec une distribution contrôlée par l’Etat, pour « tarir l’économie souterraine et les violences ».

3 réflexions sur “Cannabis et réussite scolaire : l’Etat dit non la recherche de la drogue dans la salive des lycéens

  1. 1) C’est surement mieux de dialoguer que de réprimer durement.
    Mais continuer à laisser les enfants se droguer et rester là à les regarder et les plaindre, ou parler pour parler sans rien changer de concret est tout simplement cynique et criminel.
    ( provoquer un décrochage scolaire à cause d’un enseignement scolaire maladroit c’est envoyer les élèves les moins brillants dans le mur).
      Car dialoguer de quoi ?
    Il y a une relation directe entre prise de drogue en milieu scolaire et échec scolaire : l’échec scolaire précède la prise de drogue ; c’est l’échec scolaire de l’étudiant qui provoque sa décision de se droguer, pour atténuer la douleur de l‘échec scolaire. En effet il est très douloureux et affligeant de s’apercevoir que l’on aura pas de place dans la société avec des notes trop basses.
      Toute situation qui provoque chroniquement de la douleur mentale et  une perte du moral peut inciter quelqu’un à chercher refuge dans une drogue ou des médicaments psychotropes. Ce choix se fait lorsque l’individu a perdu tout espoir de retrouver la joie.
      Mais voilà, ces substituts à l’aide (à la recherche restée vaine de trouver de l’aide auprès des gens en place, c’est-à-dire souvent de l‘aide que le jeune estime refusée de la part des adultes), ces substituts, donc, détruisent tout organisme, proportionnellement aux doses consommées. Voulant s’aider à surmonter une douleur mentale (qui ne le lâche jamais) en prenant un produit agissant sur le mental et modifiant ses perceptions, l’individu rentre dans la spirale de la dépendance.

  2. 2) L’idée des tests salivaires n‘est pas totalement mauvaise, mais après ?
    Mieux vaut travailler en amont.
    Il faut surtout dire aux jeunes les effets du cannabis ! Surtout que pour leur « bien » les producteurs de Cannabis mettent au point des plants dont la teneur en THC augmente sans arrêt.
    Voici un effet du cannabis :
    «… Le cannabis modifie la structure des cellules du sperme en les déformant. Donc même de petites quantités de cannabis peuvent causer une stérilité temporaire chez des hommes. La consommation de cannabis peut bouleverser le cycle menstruel des femmes.
    Des études montrent que le fonctionnement cérébral des gros fumeurs de cannabis tend à être ralenti ou diminué. Le THC du cannabis perturbe les cellules nerveuses et affecte la mémoire. Le cannabis est l’une des drogues qui provoquent une division anormale des cellules, ce qui entraine de sérieux problèmes génétiques. Une femme enceinte qui fume régulièrement du cannabis peut donner naissance à un enfant prématuré de taille ou de poids insuffisant.
    Durant les dix dernières années, de nombreux enfants de mère toxicomanes sont nés avec une capacité d’initiative réduite et une attitude moins bonne à se concentrer et à poursuivre des objectifs dans la vie. Des études suggèrent également que la consommation de drogue pendant la grossesse peut provoquer des malformations, un retard mental et un risque plus élevé de leucémie ( cancer de la moelle osseuse) chez les enfants… »

  3. Retour à l’agriculture biologique : laisser s’établir la sélection naturelle, les espèces à duree de vie écourtées et à capacité de reproduction réduite s’éteignant d’elle même, au profit de celles indemnes bénéficiant d’un métabolisme efficace assurant leur extension territoriale ! ( Effet « Promotion Voltaire » )
    ( Relire Le Meilleur des Mondes….sur l’efficace catégorisation des citoyens d’un monde ideal….)

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