Burkini : le temps est désormais venu de trancher. Soit Valérie Pécresse, soit Isabelle Adjani

 

Bonjour

On avait connu la belle actrice moins synthétique, moins politique. Elle était hier dans les colonnes du Journal du Dimanche.  On dépasse vite la promotion de son prochain film inspiré de ce qu’il est convenu d’appeler la « vague de suicides chez France Telecom ». Elle jouera le rôle de  médecin du travail 1.

Mère allemande, père kabyle

Puis elle tacle François Hollande qui, peuple, a confié à des journalistes à propos de la lutte contre le chômage

« Je n’ai pas eu de bol ». « (…) Quand les engagements deviennent des promesses et les promesses des paris, invoquer le manque de chance pour un chef de l’État, c’est drôle, non? Comment dire? Au fond, la politique n’est peut-être plus une affaire sérieuse. On joue, on gagne, on perd… en attendant la revanche. (…) ».

Puis l’actrice (mère allemande, père kabyle) en vient au burkini et rejoint la position de la Ligue des droits de l’homme » :

« J’ai trouvé la polémique ridicule et dangereuse. Je suis toujours mal à l’aise quand on veut imposer la liberté à coups d’interdits. On ne peut refuser à des femmes d’aller à la plage à cause d’une tenue, même si celle-ci relève d’un néofondamentalisme archaïque, et peut à juste titre choquer. Est-ce qu’on s’y prendrait autrement si on voulait attiser les antagonismes et rendre les positions respectives encore plus irréconciliables ? Les politiques n’ont pas le bon lexique. »

Se baigner en Île-de-France

Aux antipodes d’Isabelle Adjani : Valérie Pécresse, femme politique de droite qui s’enferre dans ses référents lexicaux. Elle vient d’être désavouée dans sa triste affaire de cannabis et de tests salivaires. Elle remonte au créneau contre le burkini. C’est, comme de juste,  dans Le Figaro où des politiques de droite (François Baroin, François Fillon etc.) soutiennent la position anti-burkini de Manuel Valls. Le Premier ministre condamne violemment mais ne veut pas légiférer… La droite condamne et logiquement réclame une loi.

Et Valérie Pécresse est là.  Elle est «solidaire de ces élus qui ont eu le courage de prendre des mesures dont l’unique motivation est la préservation de l’ordre public». Et  la présidente Les Républicains de la région Île-de-France va plus loin en interpellant directement le Premier ministre. Dans un courrier adressé vendredi à Manuel Valls « et que Le Figaro s’est procuré », elle lui demande de légiférer. La région Île-de-France est en effet propriétaire de dix bases de loisirs dans lesquelles on peut, entre autres, se baigner. Extraits:

«Vous avez récemment déclaré que “le port du burkini n’était pas une nouvelle gamme de maillots de bain, c’est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme”. Je partage cette analyse, qui ne doit pas rester purement incantatoire au risque de souligner, une fois de plus, l’impuissance de la République à défendre ses valeurs».

 «Je ne souhaite pas que les baigneurs puissent revêtir des tenues qui seraient contraires aux principes de laïcité et d’égalité femmes-hommes, énonce la présidente de la région dans son courrier. Un tel comportement risquerait, en effet, dans le contexte actuel de tension que nous connaissons, de générer des troubles à l’ordre public.»

 «L’ensemble des plages publiques et des espaces publics de baignade doivent répondre aux mêmes règles et aux mêmes obligations de respect de l’ordre public, de l’égale dignité de la personne et des règles d’hygiène et de sécurité. »  

Pollution endocrinienne d’origine médiatique

Elle en appelle donc au chef du gouvernement pour «édicter une norme nationale» sur l’ensemble du territoire «qui seule donnerait une base légale incontestable aux arrêtés de police des maires». Pour la présidente de la région, il serait «incompréhensible et intolérable que les principes républicains ne s’appliquent pas de la même manière en tout point du territoire national».

Isabelle Adjani voit plus loin que la plage, le burkini et la politique.  Elle estime que suivre l’actualité « s’apparente trop souvent à une pollution endocrinienne ». Elle conclut :

« Il est prouvé que le QI des générations futures sera réduit 2. Le prix à payer pour vivre hyperconnectés ? Non, cette modernité je n’y adhère pas. À l’avenir, je ne tournerai que dans des films en costumes [Elle rit.]. Un concept  »juste taré », comme dirait mon fils. »

A demain

1 Titre: « Carole Matthieu ». Isabelle Adjani y incarne une médecin du travail confrontée à une vague de suicides dans une grande entreprise. C’est un « drame social » réalisé par Louis-Julien Petit (Discount) et adapté du livre de Marin Ledun, (Les Visages écrasés – Le Seuil), qu’elle dévoilera la semaine prochaine au Festival d’Angoulême.

2 Sur ce thème, se reporter à un récent et important ouvrage qui développe un aspect encore trop méconnu des conséquences de l’exposition aux toxiques environnementaux (perturbateurs endocriniens) sur le développement et la santé mentale : « Le cerveau endommagé. Comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale » de Barbara Demeneix (Edition Odile Jacob)

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