A l’hôpital de Saint-Calais (Sarthe) un cadre s’est suicidé. Il avait « mis en cause» sa direction

 

Bonjour

On parle peu de la Sarthe dans les médias nationaux. Et jamais de Saint-Calais, pourtant  capitale mondiale du chausson aux pommes. Nous sommes ici aux frontières du Perche et de bien des mondes, comme en quête d’identité. Et puis ce drame. Un « cadre de santé » (la personne qui, notamment, encadre les infirmiers et les aides-soignants) s’est suicidé le 5 juillet dernier. Il travaillait au centre hospitalier de Saint-Calais. Un peu plus de 400 lits, deux EHPAD. Une histoire qui court sur sept siècles .

Silences. Un mois et demi plus tard c’est France Bleu Maine (Marie Mutricy) qui traite du sujet : « Saint-Calais : un cadre de santé s’est suicidé début juillet ». L’homme avait une cinquantaine d’année, et l’affaire ne fait que commencer.

« Dans des courriers envoyés à la direction du centre hospitalier qui emploie plus de 400 personnes, ainsi qu’à l’ARS et à sa famille, il mettrait directement en cause la direction de l’établissement, selon la CGT qui a pu consulter l’une des lettres. Une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales est diligentée. Elle aura lieu la semaine prochaine et début septembre. La famille de l’ancien infirmier a l’intention de saisir la justice.»

Acte désespéré imprévu

Au lendemain du papier de France Bleu Maine Marie-Bernardette Ponthoreau, directrice du centre hospitalier de Saint-Calais a envoyé le communiqué suivant à la rédaction :

 « Communiqué de presse suite à l’article concernant le centre hospitalier de Saint-Calais publié le 19 août 2016 :

 « Le Centre Hospitalier de Saint-Calais a eu la tristesse d’apprendre qu’un agent de l’établissement a mis fin à ses jours début juillet dans un acte désespéré que rien n’avait laissé prévoir. Cet agent venait tout juste d’achever une formation continue de cadre de santé et s’apprêtait à reprendre ses fonctions après 9 mois d’absence.

« Cet agent a adressé divers courriers mettant en cause certains personnels dont l’équipe de direction et d’encadrement; les autorités administrative et judiciaire concernées en ont été prévenues immédiatement par la direction de l’établissement qui ne peut que s’ inscrire en faux contre le contenu de ces courriers et ne souhaite pas faire d’autres commentaires car une mission de contrôle est actuellement en cours qui devrait rendre ses conclusions prochainement.

 « La direction de l’établissement s’inscrit également en faux contre les propos tenus par Mr Keravec (secrétaire départemental d’un syndicat non représenté dans l’établissement) et tient à préciser que ce n’est hélas pas la première fois que Mr Keravec se livre, notamment par voix de presse, a des propos diffamatoires auxquels la direction se réserve de donner par les voies de droit les suites qu’elle estime appropriée. »

Valeurs et maltraitances

France Bleu Maine cite, de fait,  Philippe Keravec représentant CGT du Centre hospitalier du Mans.  « Sa famille m’a fait lire le courrier adressé également à l’Agence régionale de santé, où il dit ouvertement qu’il tient responsable de son suicide une partie de la direction du centre hospitalier de Saint-Calais ». L’homme qui avait brillamment réussi les concours de la fonction publique hospitalière décrirait ensuite les causes qui l’ont poussé à se suicider. Selon le syndicaliste il avait écrit : « Vous me demandez de maltraiter mes collègues et ça, ça ne peut pas se concevoir dans les valeurs que je défends ».

Toujours selon la CGT des problèmes ont déjà été signalés au sein de l’établissement. En mars dernier, une radiologue avait démissionné alors qu’un nouveau scanner avait été mis en service il y a à peine un an. « Au moins dix-sept cadres auraient changé d’établissement ces dernières années », selon Philippe Keravec. La CGT avait, semble-t-il, en vain déjà alerté l’Agence Régionale de Santé et demandé des solutions.

Aux frontières du Perche l’affaire de Saint-Calais ne fait que commencer. Qu’en est-il de la « mission de contrôle » dont parle la directrice de l’établissement  concerné ? Sera-t-elle rendue publique ? Qu’en dit-on à Paris, au ministère de la Santé ? Où sont les différents courriers du suicidé ?

A demain

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