« Interdit, ici, de se baigner habillée ». Quatre communes ont verbalisé des femmes burkinisées.

 

Bonjour

« La carte et le territoire ». Evaluer (scientifiquement) le risque avant de le gérer (politiquement).  Le Monde (Violaine Morin, Pierre Breteau) a entrepris de décoder. Résultat édifiant. Sur les trente et une communes ayant publié des arrêtés interdisant le port d’une tenue religieuse sur leurs plages, seules quatre ont verbalisé des estivantes pour ce motif. Au total, trente-deux procès-verbaux y ont été dressés pendant l’été.

Nice (Alpes-Maritimes) : vingt-quatre verbalisations. Cannes (Alpes-Maritimes) : six procès-verbaux et quinze cas de personnes ayant été approchées par la police, sans que cela donne lieu à verbalisation. Soucieux du trébuchet Le Monde a contacté toutes les communes qui ont pris des arrêtés « anti-burkini ». Outre Cannes et Nice : deux procès-verbaux dressés à Vallauris Golfe-Juan (Alpes-Maritimes). Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) : « deux ou trois cas » ont été comptabilisés en 2016. Sur les trente et une mairies ayant pris des arrêtés dits « anti-burkini », trois n’ont pas communiqué leurs chiffres au Monde. Une seule, Saint-Jean-Cap-Ferrat, a refusé de répondre à nos questions.

Ce petit survol journalistique en dit long, de même que les guillemets :

« On ne relève que très peu de « prises de contact » des forces de l’ordre avec des estivantes qui contreviendraient aux arrêtés, et très peu de « signalements » d’autres plagistes qui seraient mécontents de la tenue du voisin. A Vallauris, dans deux cas, les policiers se sont approchés de personnes, qui ont accepté de quitter la plage. Deux cas similaires ont été rapportés à Fréjus (Var), deux cas à Théoule-sur-Mer et un cas à Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes). A Sisco, la commune de Corse où une rixe à l’origine controiversée avait éclaté sur plage, il n’y a eu aucun incident depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté. »

 Rigolades

Ici ou là on a pris des arrêtés à titre « préventif ». A Nice un responsable  du Syndicat national des policiers municipaux commente : « La police municipale fait respecter les arrêtés, nous n’avons pas d’état d’âme. Ça se passe plus ou moins bien selon si les personnes contestent. Il y en a même qui rigolent. Et d’ajouter : Quand on peut faire enlever [le vêtement incriminé], on le fait. Certains quittent la plage. »

Ici ou là des policiers parlent de la « bonne coopération » des femmes  qui « acceptent de quitter la plage ». « Aucun cas de personne ayant choisi de retirer ses vêtements pour pouvoir rester ne nous a été rapporté » précise Le Monde. Et puis cette chute : « A Vallauris, une personne est également partie de son plein gré en voyant approcher des policiers ».

Partir de son plein gré en voyant approcher des policiers ? Pour un peu on s’inquiéterait. Et c’est sur tout cela que l’on a, solennellement, réuni à Paris les hermines du Conseil d’Etat.

A demain

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