L’ombre de Zika s’étend sur une partie du globe. Les avions prennent la place des moustiques

 

Bonjour

Zika plane. Soixante-dix ans plus tard le virus va-t-il revenir en force sur le sol qui a vu l’homme le découvrir (Ouganda, 1947) ? Les premières projections modélisées concernant la progression de ce pathogène viennent d’être publiées dans The Lancet Infectious Diseases :  “Potential for Zika virus introduction and transmission in resource-limited countries in Africa and the Asia-Pacific region: a modelling study”. Un travail financé par des fonds publics américains et canadiens. D’où il ressort qu’un tiers de l’humanité vit dans des pays où Zika dispose de considérables réservoirs humains de propagation.

 « Environ 2,6 milliards de personnes vivent dans des régions d’Afrique et d’Asie-Pacifique où les espèces locales de moustiques et des conditions climatiques appropriées rendent la transmission du Zika théoriquement possible », souligne le Dr Kamran Khan (St Michael’s Hospital, Toronto) de Toronto, principal auteur de l’étude.

Les liens de l’Angola et du Brésil

Les pays les plus concernés sont l’Inde (où 1,2 milliard de personnes pourraient être exposées au risque infectieux), la Chine (242 millions), l’Indonésie (197 millions), le Nigéria (178 millions), le Pakistan (168 millions) et le Bangladesh (163 millions). Le Vietnam, les Philippines, la Thaïlande sont également directement concernés – au même titre que la République démocratique du Congo, la Tanzanie ou encore le Soudan. Un des pays les plus menacés serait l’Angola  (où sévit une épidémie de fièvre jaune) en raison de ses liens économiques et culturels  avec le Brésil. Le virus Zika a également été identifié au Cap-Vert ainsi, plus récemment, qu’en Guinée Bissau.

Les chercheurs sont parvenus à ces chiffres spectaculaires en tenant compte du nombre de voyageurs en provenance des pays touchés, des conditions climatiques, des densités de population et de l’efficacité des systèmes de soins. « Les températures plus élevées dans l’hémisphère nord (où les moustiques sont plus actifs) augmentent le risque de nouveaux foyers hors des Amériques » estiment les auteurs.  Ces derniers ont travaillé avant l’apparition d’une transmission autochtone sur le sol des Etats-Unis et à Singapour, à un moment où la transmission était effective dans quarante pays d’Amérique centrale et du Sud ainsi que dans les Caraïbes.

Populations « naïves »

Différentes modélisations ont été réalisées à partir de scénarios des vecteurs Aedes aeqypti et Aedes albopictus. Les vecteurs Aedes africanus ou Aedes Hensilli n’ont pas été retenus. Le nombre de voyageurs arrivant en Afrique et en Asie-Pacifique en provenance de pays touchés a été intégré afin d’identifier les pays les plus à risque d’importation. Où l’on prend conscience, une nouvelle fois, du puissant rôle de disséminateur de pathogènes  joué par les déplacements aériens.

La grande question est ici de savoir si les populations potentiellement concernées par cette nouvelle épidémie sont ou non immunologiquement « naïves » vis-à-vis de cette infection virale. Une autre est de savoir ce qu’il en sera de l’exacte proportion de transmissions par voie sexuelle et sanguine. Et des mesures préventives qui pourront, ou non, être prises.

A demain

 

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