La claque du New York Times à Manuel Valls (corps des femmes et burkinis interdits)

Bonjour

Ses ennemis diront qu’il l’a cherchée. Manuel Valls, chef du gouvernement français croyait pouvoir tacler le New York Times. Lui remonter les bretelles à propos du corps des femmes et des tentations qu’ils peuvent (ou non) inspirer. C’était mal connaître la puissance (et l’indépendance) du quotidien new-yorkais.

Le Premier ministre français, « lecteur assidu de la presse internationale », croyait avoir compris qu’un grand nombre de témoignages publiés par le New York Times avaient été recueillis «à la suite» d’un camp d’été décolonial. Danielle Rhoades Ha, porte-parole du New York Times dément sans nuances, comme l’observe Slate.fr :

«Notre article s’appuie rigoureusement sur les réponses de plus de 1.200 lectrices qui ont réagi à un appel à témoignages diffusé en ligne en anglais, français et arabe interrogeant le ressenti des femmes musulmanes en Europe à la suite de l’interdiction du burkini. Nous maintenons notre article.»

Peaux blanches

Le quotidien américain avait notamment publié les témoignages accablants de femmes musulmanes européennes qui faisaient état de leur détresse face aux discriminations subies au quotidien. Une étudiante toulousaine de 23 ans, Charlotte, expliquait ainsi: «On m’insulte, me crache dessus (littéralement) tous les jours dans le métro, le bus, mon école. Pourtant, je n’ai jamais insulté, frappé quelqu’un. Non, je suis juste musulmane.»

 Manuel Valls fustige notamment les méthodes d’enquête de la journaliste Lillie Dremeaux. Il l’accuse de ne pas avoir «interrogé l’immense majorité des femmes musulmanes qui ne se reconnaissent pas dans une vision ultra-rigoriste de l’islam». Il affirme encore que la journaliste a enquêté dans un contexte bien précis:

«Ces témoignages ont été pour la plupart obtenus à la suite d’un événement scandaleux organisé en France: un « camp d’été décolonial ». Un camp qui, et cette information a son importance, était interdit –je cite– aux « personnes à la peau blanche »!».

Plaisirs malins

Là encore le New York Times dément avoir fondé son article sur les témoignages de participants de ce camp. Il prend aussi un plaisir (que l’on imagine malin) à rappeller également que de nombreux arrêtés anti-burkinis (soutenus par le Premier ministre) ont été annulés par la justice française . Il conclut :

«M. Valls se montre clair sur le fait qu’il ne prendrait pas en compte l’avis des femmes musulmanes qui considèrent que le burkini constitue une possibilité de participer aux activités estivales. Certaines femmes expliquent en effet que leur interprétation de la foi leur préconise de se vêtir modestement, le burkini leur permettait donc de se rendre à la plage.»

 Au final ce n’est pas une réponse. C’est une claque à un bretteur bien mal préparé.

 A demain

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