En Espagne, alerte à la fièvre de Crimée-Congo (après une balade dans la campagne)

Bonjour

La France ne l’apprend que maintenant : un homme de 62 ans est décédé le 25 août dans un hôpital madrilène. Diagnostic confirmé : fièvre de Crimée-Congo. Le scénario mortel a été reconstitué : la victime avait été piquée par une tique lors  d’une promenade en campagne dans la province de Castille-et-Leon. La mort est la conséquence d’une insuffisance hépatique aiguë .

Les autorités sanitaires madrilènes ont précisé que le 26 août, une infirmière du service de soins intensifs dans lequel le patient avait été admis a, elle aussi, été infectée. Son état était considérée comme stable mais elle est toujours à l’isolement en soins intensifs.

Par décision sanitaire régionale, près de deux cents  personnes en contact avec les deux malades sont actuellement sous surveillance. On retrouve là les  bases du protocole Ebola adopté en Espagne en 2015. Il s’agit majoritairement de personnel des hôpitaux (une centaine soignants) et de proches. « Il ne faut pas penser que toutes les piqûres 1 de tiques en Espagne vont désormais transmettre cette affection » rassurent les autorités sanitaires.

Tiques vectrices

Certes, mais des tiques peuvent être vectrices. Les plus repérables sont ici les femelles adultes nourries, ou en train de se gorger de sang, car bien plus grosses que lors des autres stades du développement ce ces arachnides acariens décrit pour la première fois par William Elford Leach il y a précisément deux cents ans.

Il faut désormais revoir ses classiques d’infectieuses exotiques. Aujourd’hui la « fièvre hémorragique de Crimée-Congo » (OMS). Et sa progression à nos frontières : « La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est en recrudescence en Europe orientale ».

Remarquablement exhaustif le site Medscape France (Dr Isabelle Catala) nous explique que cette fièvre hémorragique est vraisemblablement arrivée en Espagne via des importations d’animaux vraisemblablement. En 2010, le centre de référence espagnol des Rickettsioses  avait déjàrapporté la présence du virus de la fièvre Crimée-Congo chez des tiques.

Transmissions interhumaines

Un protocole de recherche mené entre 2013 et 2015 concluait d’ailleurs, « les tiques du genre Hyalomma qui ont la particularité de migrer facilement, contiennent du matériel génétique de la fièvre Congo-Crimée dans la péninsule ibérique. Le potentiel d’émergence en Espagne est important. Un système de vigilance active est nécessaire. ».

Rappelons donc que la fièvre de Crimée-Congo se transmet par les tiques et les animaux d’élevage (bovins, moutons, chèvres), que les transmissions interhumaines sont rares, qu’elles sont dues à un Nairovirus de la famille des Bunyaviridae.  Et que cette pathologie est endémique en Afrique, dans les Balkans, au Moyen Orient et en Asie.

Piqûre de tique, cinq à six jours, fièvre, myalgies, vertiges, raideur de la nuque, céphalées, photophobie, nausées,  diarrhées, douleurs abdominales. Puis signes neurologiques et hépatomégalie. Mortalité (une fois sur trois) d’insuffisance hépatique ou rénale. Aucun vaccin.

A demain

1 La pique pique-t-elle ou mord-t-elle ? C’est un peu plus sophistiqué et le film d’horreur est à portée de clavier. Ainsi Wikipédia :

« Après avoir trouvé une proie et s’y être accrochée, la tique chemine lentement sur la peau (de quelques minutes à « plusieurs heures parfois) pour trouver un emplacement qui lui convient. De fines griffes lui permettent de se stabiliser sur l’épiderme (ces griffes sont plus puissantes chez la larve qui a besoin de s’ancrer pour pouvoir percer la peau). La tique coupe la peau grâce à des chélicères extériorisables (cachées au repos dans une gaine protectrice) qu’elle enfonce peu à peu ainsi que l’hypostome, aidé par la sécrétion d’enzymes salivaires (protéases) qui provoquent une cytolyse. Au bout de son rostre se forme alors une poche ou chambre de cytolyse.

« Cette opération, sous l’effet de substances salivaires anesthésiantes, se fait sans douleur pour l’hôte. La tique en quelques heures a ainsi enfoncé tout son rostre. Elle parfait son ancrage par la sécrétion d’une substance, sorte de colle biologique dite « cément » (ou « manchon hyalin ») ; cette colle la fixe très fortement au derme. Ainsi fixée, elle peut alors, pendant toute la durée de son repas, alternativement aspirer le sang et réinjecter de la salive de manière à agrandir la poche ainsi creusée sous la peau jusqu’à ce que cette poche atteigne un ou plusieurs microcapillaires sanguins, qui crèveront et l’alimenteront directement en sang.

« Durant ce temps, la tique injecte un cocktail de molécules qui affaiblissent localement l’immunité de l’hôte et insensibilisent le système nerveux (ce qui ne fonctionne plus chez des organismes dont le système immunitaire a été sensibilisé, rendu allergique en quelque sorte, à ces molécules). La tique dispose aussi de moyens de détecter et tuer une partie des bactéries pathogènes qu’elle ingère lors de son repas, via des lysozymes présents dans sa salive, notamment. »

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