Alcool : se dépenser physiquement régulièrement autoriserait-il à boire impunément ?

Bonjour

Quand les statistiques confinent au stupide. Aujourd’hui une étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine. Les amateurs la trouveront ici : “Does physical activity moderate the association between alcohol drinking and all-cause, cancer and cardiovascular diseases mortality? A pooled analysis of eight British population cohorts”. Elle est signée de chercheurs travaillant au Canada, en Norvège, à Londres et au Australie. Ces Barbarians sont dirigés par le Pr Emmanuel Stamatakis (University of Sydney, Charles Perkins Centre, School of Public Health, Johns Hopkins Drive, Camperdown, New South Wales, Australia).

L’équipe a repris l’analyse des réponses fournies par 36 370 Anglais et Ecossais volontaires des deux sexes âgés de plus de 40 ans ayant répondu à des questionnaires de santé entre 1994 et 2006. Première  conclusion : des consommations importantes de boissons alcooliques sont associées à des risques accrus de mort prématurées,  toutes causes confondues.

Deuxième observation : en se penchant sur le facteur « activité physique » les auteurs ont fait la découverte qu’une majorité de sportifs britanniques attendaient : le sur-risque de morts prématurées chez les buveurs d’alcool était diminué (et parfois effacé) chez les pratiquants. Il suffit, pour cela, d’un peu d’imagination et de 150 minutes (minimum) d’activités physiques (modérées ou intenses) par semaine. En deçà, aucun résultat positif à attendre : les dégâts sont bien là.

En langage scientifique cela donne :

Results. We found a direct association between alcohol consumption and cancer mortality risk starting from drinking within guidelines (HR (95% CI) hazardous drinking: 1.40 (1.11 to 1.78)). Stratified analyses showed that the association between alcohol intake and mortality risk was attenuated (all-cause) or nearly nullified (cancer) among individuals who met the PA recommendations (HR (95% CI)).”

Il faut lire ce travail dans les détails. Les auteurs y précisent bien qu’il s’agit seulement ici d’une étude «observationnelle ». En toute rigueur il faudrait, pour véritablement conclure, mener une étude prospective, avec des groupes de consommateurs et d’abstinents, ce que l’éthique, cette morale en marche, réprouve.

Winston

Bémol : « certains facteurs » (comme l’alimentation ou le mode d’absorption des alcools) n’ont pas été pris en compte. Or on peut raisonnablement imaginer (même si la chose est généralement contestées par les alcoologues) que le binge-drinking n’a pas les mêmes effets que la lente dégustation de whiskies tourbés dans les brouillards écossais.

On peut aussi tirer une autre conclusion de ce travail : il serait proprement stupide de « faire du sport » pour compenser les effets délétères, bien démontrés, de la consommation alcoolique.  Winston Leonard Spencer-Churchill (1874-1965) l’avait, à sa façon, compris et professé.

A demain

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