Roselyne B. n’est plus à la Santé. Les Français ont de plus en plus peur de se faire vacciner

 

Bonjour

Hasard ou fatalité ? En parlera-t-elle lors de son talk show quotidien sur RMC ? Dans un édito de Nice Matin ? Sur France Musique ? C’est l’histoire de la politique devenue people mais néanmoins rattrapée par son passé : Roselyne Bachelot n’en aura jamais fini avec le vaccin contre la grippe A(H1N1). Démonstration en deux actes avec l’aide de nos confrères du Monde (Paul Benkimoun et Stéphane Foucart).

Acte I. Les chiffres

C’est une étude à paraître dans revue EBioMedicine : Recognizing the Importance of Vaccine Confidence” ; « l’étude la plus large menée sur les opinions à propos des vaccins ». Entendre : leur importance, leur efficacité, leur innocuité et leur caractère compatible avec la religion pratiquée. Auteurs principaux : des chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et de l’Imperial College de Londres analysant les données récoltées auprès de 65 000 personnes dans 67 pays entre septembre et décembre 2015.

Pour résumer : l’importance positive de la vaccination est globalement reconnue, avec toutefois des différences notables entre pays. Notamment la France, queue de peloton : 41 % des Français interrogés estiment que les vaccins ne sont pas sûrs.

« La région Europe de l’OMS ne laisse pas d’inquiéter : 8 % des personnes interrogées ne trouvent pas important de faire vacciner les enfants, 17 % ne pensent pas que les vaccins sont sûrs et 11,3 % jugent qu’ils ne sont pas efficaces. Pire : en France 11,7 % ne considèrent pas les vaccins infantiles comme  importants et un peu plus de 17 % doutent de leur efficacité.

Acte II.  Pourquoi ?

41 % de sa population française mettant en cause la sécurité des vaccins…  « Je m’attendais à des résultats allant dans ce sens, mais je ne pensais pas qu’ils seraient aussi marqués », explique au Monde le sociologue de la santé Jocelyn Raude (Ecole des hautes études en santé publique, IRD), spécialiste de la perception des risques sanitaires, qui n’a pas participé à ces travaux. Ecoutons-le :

 « Entre 2009 et 2010, en quelques mois, nous avons vu un retournement de l’opinion française sur ce sujet,. A l’issue de la campagne, on est passé très rapidement de 10 % d’avis globalement défavorables sur la vaccination, à près de 40 %. Nous sommes revenus en 2015 à environ 20 % d’opinions globalement défavorables, mais cela reste un niveau important. » 

Cette campagne de vaccination (lancée et menée sous l’autorité de Roselyne Bachelot) a fait naître dans la population une suspicion, ajoute en substance M. Raude, celle que les politiques vaccinales puissent être motivées par des impératifs autres que purement sanitaires, en particulier économiques. Ce n’était peut-être pas le cas. Mais on peut partager l’opinion de M. Raude. La suspicion est aussi un symptôme, mais la suspicion est bien là.

Marisol Touraine a remplacé Roselyne Bachelot à la Santé. Avant l’été elle avait annoncé le lancement d’un grand débat national sur la vaccination. Objectif : en finir avec la dissociation vaccinations « obligatoires » et vaccinations « recommandées ». Ce débat est-il toujours d’actualité ? Faut-il écouter RMC ?

A demain

 

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