Mais où peut donc être niché ce satané premier centre français pour futurs déradicalisés ?

Bonjour

Au-delà du périphérique les journalistes parisiens sont souvent comme perdus. Au-delà du périphérique mais aussi entre les autoroutes. Cette vérité s’est une nouvelle fois vérifiée aujourd’hui 13 septembre 2016. Il s’agissait, tambour battant, de parler sur les ondes et les chaînes publiques de l’ouverture prochaine du premier centre français de déradicalisation. Explication de vocabulaire… innombrables envoyés spéciaux… entretiens avec les  jargonneux psychiatres formateurs… questions au préfet… au directeur…  aux voisins… Le sujet sous toutes ses coutures en somme.

Pourtant comme une gêne, comme un flottement géographique. On comprenait bien être loin du périphérique… quelque part dans la Touraine … « loin de tout » (France Inter) … pas une mobylette… au milieu des vignes… un tracteur enjambeur… vers Chinon… dans la « commune de Pontourny »…

Rabatteurs sur la Toile

Or la « commune de Pontourny » n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera sans doute jamais. Il faut ici parler du « Château de Pontourny », vieux manoir transformé en asile durant 14-18.  Ancien asile Saint-Joseph. Propriété de la ville de Paris devenue « centre éducatif » et qui allait fermer ses portes. Les portes ne vont donc pas fermer mais les élus et la population ont peur.

L’Etat leur explique pourtant (depuis mars et une indiscrétion de France Inter) que ce centre accueillera des jeunes de 18 à 30 ans n’ayant jamais été incarcérés et n’ayant non plus pas été identifiés sur des zones de conflits. Les jeunes en sont « au stade précoce de rupture ». Comprendre : « le centre accueillera des jeunes qui sont entrés dans une spirale dangereuse, des victimes de rabatteurs sur la Toile ».

Charles Martel, 732

Ce centre « étatique » officiellement appelé « Centre de réinsertion et de citoyenneté » accueillera une trentaine de jeunes radicalisés pour commencer. Leur programme de déradicalisation durera dix mois. Une dizaine de centres similaires devraient ouvrir partout en France d’ici fin 2017.   Les « jeunes radicalisés » seront pris en charge jour et nuit. Le centre sera « ouvert » mais « surveillé », pour un « public » de 18 à 30 ans.

On aurait peut-être moins peur si l’on nous expliquait que le Château de Pontourny n’est pas hors-sol mais bien ancré sur la commune de Beaumont-en-Véron , entre Vienne et Loire. A deux pas de Chinon « petite ville, grand renom », pays de François Rabelais. A deux lieues de Candes, où mourut Saint Martin. Nous sommes ici dans les profondes racines du pays de Véron, triangle d’eaux, de terres, de ceps de cabernet franc et de chenin – triangle  qui a toujours la mémoire des séquelles de la bataille voisine de l’an 732, Charles Martel stoppant une razzia.

Caves interdites

On écoute les reportages, on imagine la montée hebdomadaire des couleurs tricolores. Le directeur du château préfère la formule « Centre de distanciation ». On sent la journaliste inquiète, au moins autant que l’autochtone de Beaumont-en-Véron. Cet homme explique, calmement, qu’en dix mois les futurs locataires auront le temps de tout connaître des lieux et des gens. Or, dit-il en substance, nous avons ici des festivals de jazz et la centrale nucléaire de Chinon-Avoine. « Ils pourront tous savoir, tout repérer, avant de revenir … ».

On raconte que dans les villages voisins, jusqu’à Bourgueil pays de Jean Carmet, la tension monte. On se prépare au pire. Mais ce ne sont pas des choses que l’on dit aux journalistes venus de Paris. Des journalistes qui ne descendent jamais dans les caves. Des journalistes qui, d’ailleurs, sont déjà repartis.

A demain

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