VIH/sida : il contamine deux femmes rencontrées en ligne via Craigslist. Dix ans de prison

Bonjour

Les rencontres n’étaient pas classées platoniques. James Allen Propes vit dans l’Etat de Géorgie (Etats-Unis). Il vient d’être condamné à dix ans de détention. Il avait utilisé le site de petites annonces Craigslist pour organiser des relations sexuelles avec des femmes tout en omettant  de leur préciser  qu’il était séropositif vis-à-vis du VIH. Aussi a-t-il été  reconnu coupable de mise en danger de la vie d’autrui.

Nous sommes aux Etats-Unis et le juge Tom Davis a qualifié M. Propes de « personne diabolique ». Non pas le diable en personne, mais bien l’une de ses incarnations.  La procédure le concernant avait débuté en 2014 alors que les victimes avaient découvert que M. Propes était poursuivi pour une affaire similaire dans les Etats de l’Oregon et de l’Indiana.

Peur du rejet

En France, la transmission du VIH par voie sexuelle ne constitue pas un délit en soi. Pour autant les tribunaux peuvent être saisis de plaintes qui aboutissent souvent à des condamnations pour « administration de substances nuisibles entraînant une infirmité à vie ». L’Agence France Presse a consulté ses archives. Elle nous rappelle que quelques affaires. En 2014, dans les Bouches-du-Rhône, un homme de 40 ans avait ainsi été condamné à douze ans de réclusion criminelle. Une femme séropositive avait  été condamnée à cinq ans de prison (avec sursis) par la cour d’assises d’Orléans, le 3 décembre 2007, pour avoir transmis le virus du sida à son ex-mari.

Il y avait aussi eu l’affaire, alsacienne, de Christophe Morat, portée dans les tribunaux en 2004. Elle avait été couverte, dans Le Monde, par Anne Chemin. Christophe Morat, un chauffeur de bus de 31 ans, avait appris sa séropositivité en 1997. Il avait ensuite  « multiplié les conquêtes féminines, entretenant concomitamment plusieurs relations ». Il avait aussi confié au juge n’avoir jamais révélé son état médical de peur d’être « rejeté ». La cour d’appel de Colmar l’avait alors condamné à six ans de prison ferme.

Prévenir et/ou punir

La grande question, ici, est celle de la « responsabilité partagée » souvent avancée par les accusés pour leur défense. Une majorité des acteurs de la lutte contre le sida s’opposent à la « pénalisation de la transmission sexuelle du VIH » -une pénalisation contre-productive du point de vue de la santé publique. Ils estiment que la « responsabilité partagée » est fondamentale dans la lutte contre cette infection sexuellement transmissible. Ils font valoir, en substance, que dans une relation sexuelle librement consentie, il n’y a pas une personne qui décide ou non de se protéger et une autre qui subit cette décision.

« Il y a deux personnes (ou davantage) qui décident en toute responsabilité de se protéger ou non, puis qui assument cette décision solidairement (…) Certains(es) séropositifs(ves) décident de porter plainte, c’est leur droit. Mais le traitement par la justice de la transmission sexuelle du VIH paraît plus qu’incertain. Pénaliser la transmission du VIH n’enraye en rien la propagation de l’épidémie et entérine, au contraire, les comportements irresponsables de celles et ceux qui croient que l’apparente fidélité ou la bonne mine protègerait du sida. Plutôt que punir, il faut davantage et mieux prévenir. » 1

Punir est assez simple. Comment prévenir, en ligne, sur Craigslist ?

A demain

1 « La transmission sexuelle du sida au tribunal » par Marjolaine Degremont et Pierre Bergé (Le Monde du 3 février 2009)

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